Avec l’évolution des modes de consommation, les solutions de mobilité se diversifient. Est-ce la raison pour laquelle les ventes de voitures régressent dans le monde et en particulier au Québec ? D’après les données fournies par le portail en ligne allemand Statista, les voitures commercialisées au niveau international sont passées de 79 à 78,6 millions d’unités entre 2017 et 2018.

Lutter contre la pollution atmosphérique, réduire les dépenses sans se priver de véhicule, réaliser des économies tout en empruntant la voiture occasionnellement. Nombreuses sont les raisons qui peuvent motiver une personne à passer à l’autopartage. Cette pratique consiste à se procurer un véhicule de manière ponctuelle, le temps d’une journée.

De nombreuses études menées dans différents pays font le lien entre le développement de l’autopartage et la vente de véhicules. Les résultats diffèrent en fonction de la méthode de collecte des données. Néanmoins, ils se rejoignent sur un point : les avantages de l’autopartage. Explications.

Ceux qui optent pour l’autopartage évitent-ils de se procurer une voiture individuelle ?

Martin Trépanier, professeur titulaire au Département de mathématiques et de génie industriel au sein d’un établissement d'enseignement supérieur rattaché à l'Université de Montréal, rappelle les résultats de l’étude qu’il a publiés en 2014 :

« Notre étude indiquait que 90 % des usagers de 2010 avaient soit vendu leur voiture, retardé leur achat ou tout simplement annulé leur achat de véhicule ».

L’enseignant estime que les données de cette analyse peuvent, aujourd’hui encore, être représentatives de la réalité. Il n’empêche qu’il veuille mettre le document à jour.


En 2018, une autre recherche effectuée aux Pays-Bas vient apporter quelques éclaircissements qui permettent de mieux interpréter les résultats de l’étude précédente.

L’enquête néerlandaise permet de conclure que les adeptes de l’autopartage ne sont pas forcément les plus motivés à céder leur voiture. Elle ajoute que cette population n’est pas non plus nécessairement celle qui se défendrait d’acheter une voiture personnelle.

Quel impact sur les ventes automobiles ?

De ces différentes études, il ressort par exemple qu’avec un véhicule d’autopartage, entre 2,5 et 13 voitures en moins circulent sur les routes.

Si les données relatant les effets de ce mode de déplacement varient fortement d’une enquête à une autre, maints chercheurs reconnaissent le rôle qu’il a joué dans la hausse des immatriculations entre 2017 et 2018. Est-ce aussi parce que cette pratique permet de détenir une assurance auto pas cher ?

Pour aboutir à un tel constat, d’une part, les chercheurs ont pris en considération le nombre de voitures dont l’acquisition a été évitée. D’autre part, ils ont tenu compte du nombre d’automobiles dont les propriétaires se sont séparées.

D’après le portail en ligne Statista, le volume des ventes automobiles à l’échelle mondiale est susceptible de chuter à 77 millions d’unités cette année. Pourtant, le nombre de voitures en circulation sur la période 2017-2018 a connu une hausse de 0,9 % selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).