Si le marché de la voiture neuve rencontre actuellement quelques difficultés, celui de l’occasion est en plein boom. Pour profiter du dynamisme de ce secteur, les acteurs de la filière automobile comme les concessionnaires, les gestionnaires de flottes et les constructeurs se lancent dans l’industrialisation du reconditionnement des véhicules de seconde main.

Une bonne maîtrise des coûts

AramisAuto a été l'un des premiers professionnels de l'automobile à flairer l'énorme potentiel du marché des voitures reconditionnées au point d'investir dans leur industrialisation.

Inaugurée en 2014, sa première usine à Donzère dans la Drôme a remis en état 14 000 véhicules en 2020 selon Guillaume Paoli, cofondateur de l'entreprise.

En centralisant toutes les étapes du processus sur un seul site (diagnostic, carrosserie, peinture, mécanique, etc.), le délai de traitement et les frais de réparation sont réduits au minimum. Les procédés industriels bien rodés permettent d'optimiser le prix de revente des véhicules et d'assurer la continuité de la qualité.


D'après Markus Collet, responsable de la Plateforme AutoMobilité chez CVA,

L'autre facteur à prendre en compte en termes de rentabilité est l'identification des travaux de réparation à effectuer pour que le véhicule reconditionné trouve preneur au plus vite.

Parallèlement au développement du marché du reconditionnement, celui de l'assurance des voitures d'occasion sera impacté par ce boom et de nouvelles formules peuvent être proposées par les assureurs.

Afin de trouver les offres adaptées à leurs besoins et à leur budget, les acheteurs peuvent demander un devis assurance auto ou procéder à un comparatif.

Les usines de reconditionnement se multiplient

Ces derniers mois, les centres de reconditionnement fleurissent un peu partout dans l'Hexagone. Emil Frey France, le concessionnaire de référence dans le pays, est sur le point d'ouvrir un nouveau site à Lens en plus de celui qui est déjà opérationnel depuis 2020 près de Poitiers.

Il prévoit de construire trois autres usines et espère pouvoir prendre en charge 150 000 véhicules par an en 2024.

D'autres concessions préfèrent miser sur la sous-traitance pour pouvoir se concentrer sur le service après-vente. C'est le cas du groupe Sineo qui envisage d'implanter de nouveaux centres de reconditionnement l'année prochaine en complément du premier site dans le Nord en 2016 et de deux autres à Toulouse et Bordeaux cette année.

Les constructeurs s'y mettent aussi. Renault a choisi de reconvertir son usine de Flins en un centre de reconditionnement.

L'idée est de donner rapidement une seconde vie aux véhicules fournis par les concessionnaires dans la région parisienne pour qu'ils puissent être revendus ensuite. L'objectif est de rénover 45 000 voitures en 2022.