Pour les usines de production automobiles à travers le monde, les approvisionnements venant de Chine revêtent une importance capitale. Une fois que la conception d’un composant tourne au ralenti ou s’arrête, de nombreuses firmes sont contraintes de cesser leurs activités. C’est ce que constatent les experts de Fitch Solutions. L’actuelle urgence sanitaire mondiale donne lieu à une telle situation.

En 2011, la firme de Renesas Electronics a dû fermer à cause de l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima. Comme l'entreprise nipponne qui fabrique des dispositifs électroniques contrôlant les moteurs et les freins détenait 50 % du marché global, l'industrie mondiale en a pâti.

L'histoire se répète dans le secteur de l'automobile (au détriment du secteur de l'assurance auto) en raison de l'épidémie du coronavirus.

La Chine doit fermer ses ateliers de production plus longtemps que prévu. De nombreuses usines manquent déjà de ressources, car le pays pèse lourd dans la production manufacturière mondiale. C'est ce que déclare l'économiste Mark Zandi qui travaille chez Moody's Analytics.

La Chine occupe une place prépondérante dans la chaîne de production mondiale

Dans l'idéal, les entreprises devraient contracter avec deux fournisseurs au moins, d'après Ferdinand Dudenhoeffer de l'université de Duisbourg-Essen. Les chaînes de production tendent justement à se diversifier. Seulement, la réalité du terrain fait qu'elles ne trouvent parfois qu'un seul fournisseur pour la commande de telle ou telle pièce.


Les usines risquent de subir une pénurie d'équipements et de composants une fois que leur fournisseur se retrouve en difficulté. Tel est le cas de nombreux importateurs de pièces détachées venant de l'Empire du Milieu, avec l'épidémie qui sévit actuellement.

Il peut aussi s'agir de marchandises comprenant des composants chinois, mais qui sont assemblés dans d'autres pays. C'est ce que note Kristin Dziczek qui exerce à Ann Arbor dans un centre de recherche sur l'automobile.

Si la spécialiste constate que les constructeurs automobiles tentent de s'adapter à la situation, elle reconnaît aussi l'importance de la Chine dans la chaîne de production :

Mais il n'y a pas de capacités de production de la taille de celles de la Chine qui seraient inemployées quelque part pour combler les pénuries.

Le cas de Hyundai témoigne de la pénurie de ressources dans l'industrie automobile

Le cas de Hyundai est un exemple illustrant parfaitement l'impact de la propagation de la pneumonie virale sur l'industrie mondiale de l'automobile. Ses firmes implantées en Corée du Sud ont dû cesser de produire depuis le 4 février dernier. Ainsi, quelque 25 000 salariés sont aujourd'hui touchés par le chômage technique. Un économiste de l'université d'Inha explique les raisons qui justifient la situation du cinquième fabricant mondial :

Les entreprises sud-coréennes dépendent cruellement de la Chine pour leurs pièces détachées. Problème : il suffit d'une pièce manquante pour ne plus rien pouvoir faire.

La suspension de l'activité dans ses usines risque de coûter très cher à Hyundai. Par exemple, 5 jours d'interruption peuvent entraîner une perte équivalente à 450 millions d'euros pour le constructeur selon les estimations. Sur le site d'Ulsan, la capacité de production annuelle de voitures s'élève normalement à 1,4 million d'unités.

La continuité des activités des acteurs de l'industrie automobile dépendant de la Chine est fonction de l'évolution de la situation d'urgence sanitaire internationale. Ils attendent les directives de l'exécutif du pays et de l'OMS.