La reprise observée en juin sur le marché automobile français se confirme en juillet avec une hausse de 3,9 % des ventes de voitures neuves par rapport à juillet 2019. Outre l’effet de rattrapage, les concessionnaires ont observé un afflux de clients pressés de bénéficier de la prime à la reconversion relevée jusqu’à début août.

Croissance de 3,9 % des immatriculations sur un an en juillet

Après plusieurs semaines de fermeture dues au confinement qui ont fait dégringoler les immatriculations de voitures neuves et affecté aussi bien le crédit que l'assurance auto, le marché commence à se redresser. La progression de 1,2 % enregistrée en juin a été suivie par une croissance de 3,9 % le mois dernier.

Cette hausse, plus marquée en ce début d'été, s'explique selon les spécialistes par

La finalisation de dossiers initiés en mars, mais qui attendaient notamment l'octroi d'un prêt auto.

Mais surtout, la prime à la conversion a dopé les livraisons du début de l'été. En effet, 200 000 ménages ont obtenu cette aide d'un montant de 3 000 euros à 5 000 euros selon que l'achat concerne un véhicule neuf ou d'occasion à motorisation thermique ou un modèle à faible ou zéro émission, qu'il soit neuf ou non.


La conséquence, selon le cabinet Autoways, est que « 51 % des achats de voitures neuves réalisés en juillet l'ont été par des particuliers », alors que leur part cumulée sur l'ensemble des ventes conclues depuis le 1er janvier ne s'élève qu'à 47,6 %. L'accélération d'après-crise concerne également les véhicules de deuxième main, avec des mises en circulation en augmentation de 28 % sur un an. En juin, les concessionnaires ont enregistré 592 000 transactions, son plus haut niveau sur la décennie écoulée. Les occasions récentes ont été les plus prisées.

Inversion de tendance redoutée avec la prime réduite depuis le 3 août

Mais depuis le 3 août, le dispositif gouvernemental est beaucoup moins attractif, avec un montant moins élevé et des conditions d'accès restreintes, le plafond du revenu par part des ménages éligibles passant de 18 000 euros à 13 489 euros.

Les professionnels redoutent en conséquence un nouveau ralentissement. Il faudra attendre septembre pour évaluer plus précisément les conséquences du changement, le mois d'août étant traditionnellement une période creuse. En effet, en prévision des vacances, les Français remplacent leur véhicule en juin, ce qui fait monter les volumes à 230 000-240 000 unités, avant de redescendre à 140 000 au cœur de la saison estivale.

Malgré l'embellie, il sera difficile de compenser la chute subie par le marché entre mars et mai 2020. Hors utilitaires, seulement 894 800 exemplaires ont été écoulés, ce qui correspond à un repli de 33 % en données brutes depuis le début de l'année.