À compter du 1er juin 2022, la limite de vitesse va revenir à 80 km/h dans le département de l’Hérault. 25 tronçons, pour une longueur totale de 350 kilomètres, soit 10 % des routes héraultaises sont concernés par ce changement. Celui-ci fait suite à une décision de justice prise le 5 avril dernier à la suite d’un recours déposé par la Ligue contre la violence routière.

Retour à une limite de vitesse à 80 km/h dans l'Hérault

En juillet 2020, le département de l'Hérault avait pris 25 arrêtés afin de relever la limitation de vitesse à 90 km/h sur autant de tronçons. La Ligue contre la violence routière s'était insurgée contre cette décision, au motif que

Les zones désignées pour repasser à 90 km/h provoquent de nombreux accidents.

L'association souligne, statistiques nationales à l'appui, que

Depuis la mise en place du plafond autorisé à 80 km/h, 349 décès ont été évités à travers la France.

En conséquence, elle a déposé un recours auprès du tribunal administratif de Montpellier en octobre 2020 et obtenu gain de cause en avril dernier. Les juges ont en effet dénoncé « le manque de justifications » et le caractère « illégal » des arrêtés pris par le département.

Suite au verdict, la baisse de la limitation de vitesse sur les tronçons concernés est entrée immédiatement en application, un éventuel appel du département n'étant pas suspensif.

Il est vrai qu'en cas de multiplication des sinistres, aux pertes humaines s'ajoutent les conséquences indirectes, comme le coût des réparations, en hausse en raison du manque de pièces de détachées et d'une main-d'œuvre beaucoup plus onéreuse. Or, ces facteurs pèsent sur les tarifs d'assurance voiture et donc sur les finances des ménages, qui subissent déjà une nette dégradation de leur pouvoir d'achat. Le budget déplacement, qui a encore augmenté à cause de la flambée des prix des carburants, en est l'une des causes.


Le Conseil départemental pourrait faire appel de la décision

Si la Ligue contre la violence routière se réjouit du verdict, elle déplore le fait d'avoir dû engager une procédure judiciaire, faute de dialogue avec le département.

Elle propose différentes solutions pour diminuer le risque d'accident, notamment l'installation d'un séparateur central qui aurait au moins le mérite d'éviter les chocs frontaux.

De son côté, le Conseil départemental n'a pas répondu aux sollicitations des médias locaux. Mais sa position est claire. Quelques semaines avant le relèvement de la limitation à 90 km/h dans plus d'un tiers des départements en novembre 2021, la porte-parole de la Ligue de Défense des conducteurs avait affirmé que

Les 80 km/h n'ont pas sauvé des vies.

Bien que le verdict du 5 avril soit exécutoire, le département a encore la possibilité de prendre des arrêtés, mais avec l'aval du Comité départemental de la sécurité routière, qui compte toutefois un membre de la Ligue contre la violence routière.