En matière d'assurance habitation et automobile, une étude menée au Royaume-Uni a dévoilé que les clients fidèles sont particulièrement lésés, puisqu’ils font l’objet d’une surfacturation de la part des assureurs. Face à ce phénomène, la Financial ConductAuthority, le régulateur britannique, pourrait prendre des mesures radicales pour faire appliquer les règles de la concurrence.

Une surprime de 224 euros

Les chiffres sont consternants : environ 6 millions d’assurés britanniques ont dû débourser plus pour payer leurs cotisations. Les sommes totales surfacturées s’élèvent à 1,34 milliard d’euros par an, soit une surprime d’environ 224 euros pour chaque client.

C’est l’alerte donnée par CitizensAdvice, un réseau d’associations caritatives indépendant, l’année dernière qui a poussé la FCA à s’intéresser de près à l’affaire. L’organisme a en effet relevé des cas fréquents d’abus et d’escroqueries dans de nombreux secteurs, dont l’assurance auto, MRH et l’épargne.

Les nouveaux clients privilégiés

Au cours de son investigation, la FCA a constaté de nombreuses anomalies, notamment au niveau de la politique tarifaire.


Les assureurs mettent tout en œuvre pour séduire les nouveaux clients. Ces derniers se voient ainsi récompensés par des rabais ou des promotions, tandis que les anciens clients qui souhaitent renouveler leurs contrats subissent une hausse des primes.

Toutefois, les assurés de longue date ne sont pas les seuls à devoir payer des prix élevés, puisque certains clients de moins de quatre ans sont eux aussi pénalisés.

Selon la FCA,

« Un tiers des victimes de ce système sont des clients vulnérables avec des moyens financiers restreints. Il est aussi fort probable qu’ils ne connaissent pas vraiment les rouages de l’assurance et l’effet éventuel d’un renouvellement sur leurs cotisations ».

Les réactions ne se sont pas fait attendre contre les assureurs concernés

À la lumière de ces constats, la FCA préconise l’interdiction ou la restriction des augmentations des tarifs pour les clients de longue date. Elle entend aussi mettre fin à certaines pratiques qui dissuadent les clients de comparer les tarifs.

Le rapport de l’organisme ne sera finalisé qu’au cours du premier trimestre 2020. Mais déjà, les conséquences ne se font pas attendre.

Un certain nombre d’acteurs concernés ont été sanctionnés par une baisse de leurs cours boursiers, à l’instar de Direct Line, Hastings ou encore Aviva.