Le Salon international de l’automobile de Genève génère directement et indirectement des revenus considérables pour le canton suisse. L’événement a toutefois commencé à présenter des signes de faiblesses l’an dernier. Eu égard aux effets de la pandémie de Covid-19, les experts s’interrogent sur l’avenir de ce rendez-vous incontournable pour le grand public et les professionnels de l’automobile.

Le Geneva International Motor Show (GIMS) bénéficie d'une grande notoriété auprès des professionnels et du grand public. À chaque édition, il parvient à rassembler de nombreux acteurs du secteur automobile, des constructeurs aux distributeurs d'assurance auto. Cette année, l'événement de renommée mondiale a toutefois été annulé à cause de la crise sanitaire.

La 90ème édition devait se tenir du 5 au 15 mars derniers, soit en pleine épidémie de Covid-19. Affectés par cet imprévu, les organisateurs se sont retrouvés dans une situation particulièrement problématique sur le plan financier. De plus, l'avenir du Salon automobile de Genève est désormais en jeu.

Des intérêts communs

En 2019, l'événement emblématique de Genève a enregistré 9 % d'entrées en moins par rapport à l'année précédente. Les organisateurs n'ont en effet recensé que 602 000 visiteurs sur les 11 jours du salon. Pourtant, ils s'attendaient à recevoir entre 650 000 et 700 000 personnes pour cette édition.


Suite à cette contre-performance, les parties prenantes ont envisagé de revoir le concept en profondeur. Ce projet est toutefois resté sans suite pour l'instant. En attendant, les organisateurs comptent en premier lieu sur l'aide financière du canton, en raison de l'importance du Salon pour la collectivité.

Selon le directeur du GIMS, Sandro Mesquita :

Le GIMS est la plus grande manifestation de Suisse. Plus de 600 000 visiteurs en 2019 ainsi que 10 000 représentants des médias. Ses retombées économiques pour le canton de Genève sont évaluées à environ 200 millions de francs.
Le canton s'expose ainsi à des pertes financières non négligeables en se montrant trop exigeant. Pourtant, les négociations semblent sans issue à l'heure actuelle, selon les observateurs. De ce fait, le GIMS risque de mettre définitivement fin à ses activités.

Des conditions trop contraignantes

Pour surmonter ses difficultés, le GIMS a approché le canton de Genève pour obtenir un soutien de la part du premier concerné par ses performances comme son éventuelle faillite. Le Salon a besoin d'un plan de financement pour couvrir des pertes atteignant 11 millions de francs suisses.

Le canton a toutefois imposé deux conditions avant d'accorder ce prêt. Les organisateurs actuels devront notamment transférer la conception et la gestion du Salon à Palexpo SA. Il faudra par ailleurs prévoir une nouvelle édition pour l'année prochaine, indépendamment de l'évolution de la situation.


La crise sanitaire sévissant actuellement dans le monde est d'une ampleur sans précédent. Il est donc difficile, voire impossible, d'établir des projections fiables concernant son issue. De plus, l'évolution du marché est tout aussi imprévisible à court et à moyen terme.

En raison de ce manque de visibilité, le GIMS a dû renoncer à un crédit dépassant 16 millions de francs suisses. Les analystes évoquent également une certaine réticence par rapport à la mise sous tutelle. En effet, cette condition restreindrait les choix des organisateurs.