Les arguments écologiques en faveur de la voiture qui roule grâce à l’hydrogène commencent à séduire, portés par l’évolution de la réglementation. De plus, l’usager ne passe pas plus de trois minutes à la station de recharge pour faire le plein. Ce nouveau type de motorisation se démocratisera-t-il dans le monde et en particulier dans l’Hexagone ?

En 2018, 2,2 millions de voitures électriques ont été commercialisées. Mais la croissance des ventes n’a pas satisfait les constructeurs. Sans aborder l’empreinte environnementale, ces chiffres se justifient-ils par les problèmes d’autonomie du dispositif et par la durée requise pour le recharger ?

Quoi qu’il en soit, nombre d’acteurs du secteur commencent à s’intéresser aux modèles équipés d’une pile à combustible ayant besoin d’hydrogène pour se ressourcer.

Un haut responsable du groupe industriel Air Liquide, Pierre-Etienne Franc, énonce qu’ils offrent une alternative à l’électrique, sachant qu’une somme de 2 milliards d'euros permet d’installer un millier de stations.

Un hydrocarbure avec un avenir prometteur

Florence Lambert, qui dirige le CEA-Liten, estime que l’hydrogène dispose d’un fort potentiel dans l’industrie automobile française, quitte à en dessiner l’avenir. D’ailleurs, les véhicules à hydrogène apportent une solution aux questions portant sur la santé publique, notamment dans une ville telle que Paris, comme l’indique l’un des fondateurs de Hype, Mathieu Gardies.


L'Agence internationale de l'énergie (AIE) croit en la démocratisation des modèles associés du fait de la diminution du coût des énergies renouvelables telles que le solaire et l’éolienne. Elle précise que le prix de l’hydrocarbure pourrait reculer de 30 % à l’horizon 2030. Cela revient à dire que le coût de la pile à combustible devrait également diminuer, comme le prédit le créateur de la firme Pragma Industries, Pierre Forté :

« Le coût d'une batterie est lié pour 70 % au prix de ses matériaux quand celui d'une pile à combustible dépend pour 90 % de son processus de fabrication. Sous réserve qu'une rupture intervienne dans le monde des batteries, je suis donc persuadé que les piles à combustible seront à terme beaucoup moins chères ».

De nombreux pays intéressés

Fabi Ferrai, qui préside la société Symbio (branche de Michelin), avance que le déploiement de la voiture à hydrogène est encouragé du fait de l’instabilité des réseaux électriques. La Chine, par exemple, ne manque pas s’y lancer alors qu’elle détient déjà 50 % du parc de voitures électrifiées.

D’autres pays comme la Corée du Sud et le Japon sont déjà en avance. Les premiers modèles des marques Hyundai et Toyota ont commencé à être commercialisés en 2014, les constructeurs ayant mis plus de 20 ans pour développer la technologie. Quand bénéficiera-t-elle d’une assurance auto pas cher ?

Quant à la France, elle affiche moins de dynamisme avec un volume de 400 voitures à hydrogène en circulation. Le déploiement de ces modèles s’inscrit dans un programme national permettant de faciliter la transition écologique.


Toutefois, il se limite aux flottes et aux transports en commun. Il n’empêche que Pragma Industries a conçu son premier deux-roues fonctionnant à l’hydrogène. Ce véhicule dispose actuellement d’une autonomie de 150 kilomètres et coûte 7 000 euros. La société prévoit d’en augmenter la performance et d’en porter le prix à 4 000 euros dans un an.

Quelles solutions pour promouvoir le développement de la voiture à hydrogène ?

Pour l’heure, un véhicule qui fonctionne avec de l’hydrogène émet autant de dioxyde de carbone qu’une voiture équipée d’un moteur thermique, en tenant compte de la chaîne de production. En termes de rentabilité, la batterie électrique surpasse encore la pile à combustible.

La donne changera-t-elle avec la production d’hydrogène « vert », obtenu au moyen de l’électrolyse ? En tout cas, les chercheurs se penchent déjà sur l'électrolyse à haute température.

Un spécialiste en énergie, Patrice Geoffron, souligne que les pouvoirs publics doivent commencer par harmoniser les objectifs liés à la généralisation de ces deux types de motorisation.

Par exemple, les moteurs à hydrogène pourraient servir pour les longs trajets, tandis que les voitures dotées de batterie électrique contribueraient à la mobilité urbaine.

Longtemps réticente au sujet de l’hydrogène, l’AIE a publié un rapport qui promeut le développement de la technologie y afférente, et ce, au mois de juin dernier.

« Le moment est venu d'exploiter le potentiel de l'hydrogène pour jouer un rôle clef dans un environnement énergétique propre, sûr et sécurisé ».