L’Union européenne vient d’adopter une règlementation visant à rendre obligatoire la présence d’un système d’adaptation intelligente de la vitesse (AIV) sur les voitures neuves à partir de juillet 2022. Le dispositif a pour objectif de réduire le nombre d’accidents de 30 % et la mortalité routière de 20 %. Il soulève de nombreuses questions notamment sur sa fiabilité et la protection des données récoltées.

Un système intelligent de contrôle de la vitesse

L'équipement dédié contrôlera en permanence le respect de la limitation de vitesse maximum autorisée par le conducteur.

C'est toutefois à se demander si les radars automatiques auront encore leur raison d'être.

Concrètement, ce super-limiteur de vitesse va identifier automatiquement la vitesse maximale à adopter sur la route empruntée grâce à un GPS et une caméra qui visualisera les panneaux de signalisation. En cas d'excès de vitesse, l'automobiliste sera rappelé à l'ordre par un avertissement sonore ou des vibrations et par un mécanisme de bridage de la vitesse qui s'enclenchera « en réduisant la puissance de propulsion et le couple de transmission du véhicule » selon la règlementation.


Néanmoins, « le conducteur restera maître à bord », d'après les propos de Fabrice Herveleu (UTAC). En effet, il pourra toujours appuyer sur l'accélérateur ou désactiver le dispositif avant de démarrer puisque ce système est avant tout une aide à la conduite plutôt qu'une technologie de conduite autonome.

Quid des « vitesses limites » ?

Ce texte de loi s'applique aux nouveaux modèles de voitures, d'utilitaires et de poids lourds qui sortiront à partir de juillet 2022 en Europe et à toutes les voitures neuves qui seront introduites sur le marché à partir de juillet 2024.

L'AIV est jugée fiable dès lors que la voiture pourra rouler sur 400 à 500 km en ville, en reconnaissant correctement 90 % des limitations de vitesse.

La faille susceptible de remettre en cause ce système concerne les « vitesses limites » qui se manifestent sur les tronçons de route lors desquels les panneaux n'apparaissent pas forcément immédiatement ou lorsque les limitations changent en fonction de la météo.

L'utilisation des données collectées sujette à polémique

Par ailleurs, l'intégration de ce super-limiteur de vitesse implique aussi la mise en place de « boîte noire » qui stocke toutes les données en cas d'accident.

Les informations collectées pourront certes être d'une aide précieuse dans le cadre des démarches de remboursement de l'assurance auto après un incident.

Cependant, les autres usages des données et leur protection devront, d'après les observateurs, faire l'objet de mesures strictes.