En Allemagne, 300 000 salariés risquaient de perdre leur emploi dans l’industrie métallurgique et électrique en juillet dernier. C’est ce que révèle le syndicat IG Metall qui a récemment demandé que soient ouvertes des négociations visant à réduire la semaine de travail à 4 jours. Cette mesure a pour objectif de limiter les licenciements.

La pandémie de coronavirus a entraîné de grands bouleversements dans la filière automobile allemande qui doit désormais faire face à une importante crise économique. Cette dernière se répercute d'ailleurs jusqu'aux secteurs d'activité connexes comme l'assurance auto. Dans ce contexte, IG Metall a proposé l'instauration d'une semaine de 4 jours.

Plusieurs industriels comme Bosch, Daimler ou ZF ont déjà consenti à réduire le temps de travail de leurs employés. Selon Jörg Hofmann, à la tête de l'organisation syndicale, toutes les entreprises appartenant à l'industrie métallurgique et électrique devraient avoir la possibilité d'appliquer cette solution. Néanmoins, des compensations salariales sont à prévoir pour ne pas affecter le pouvoir d'achat des travailleurs.


Des concessions sont nécessaires aussi bien de la part des salariés que des employeurs

Le passage à la semaine de 4 jours ne vise pas à réviser l'organisation même du travail, mais à réduire sa durée. Il est donc fort probable que cette mesure entraîne des pertes de revenus. Les employés devront ainsi faire des concessions en matière de salaire. Autrement, ils risquent de se retrouver sans emploi. De plus, ils pourraient avoir du mal à en retrouver étant donné que les entreprises connaissent le même problème.

De leur côté, les employeurs sont appelés à octroyer des compensations salariales. Cette disposition a été largement décriée en 2018. Cette année-là, IG Metall avait exigé que la baisse de salaire soit limitée pour les employés souhaitant réduire leur temps de travail hebdomadaire à 28 heures.

Aujourd'hui, les employeurs seront certainement plus conciliants selon Jörg Hofmann. En effet, il est préférable pour les entreprises de réduire le temps de travail des salariés plutôt que de supprimer des emplois. Le dirigeant syndical note :

Cela sécurise les travailleurs qualifiés et permet d'économiser des coûts générés par un plan social, par exemple.

Une mesure qui présente un grand intérêt

Le principe de la semaine de 4 jours est simple. Grâce à la réduction de leurs horaires de travail, les employés pourront se partager des emplois qui tendent à disparaître. Jörg Hofmann affirme que cette solution permettra de préserver de nombreux postes dans l'automobile. ll ajoute qu'il est dommage que la transformation industrielle et technologique qui s'opère dans ce secteur débouche sur des licenciements. Selon le dirigeant, elle doit au contraire :

[…] aboutir à un bon emploi pour tous.

Jörg Hofmann est convaincu que la mesure avancée par IG Metall répondra aux changements structurels qui s'imposent dans l'industrie automobile. Cette dernière doit notamment relever le défi de la motorisation électrique.

60 % des Allemands interrogés par YouGov dans le cadre d'une enquête publiée récemment soutiennent l'instauration d'une semaine de 4 jours. Cette proposition revêt une importance particulière sachant qu'elle est portée par le premier syndicat allemand. D'ailleurs, les suggestions d'IG Metall, qui compte 2,3 millions de membres, sont souvent retenues pour servir de base pour les négociations à mener avec le patronat.