Chaque compagnie d’assurance est libre de fixer les primes qu’elle réclame à ses assurés, en se basant sur les critères de risque qu’elle juge les plus pertinents. En général, les montants les plus élevés sont appliqués aux personnes qui ont récemment obtenu leur permis de conduire et aux personnes d’âge avancé, plus exposées aux dangers sur les routes. Mais dans la Confédération helvétique, un autre élément est pris en considération dans le calcul des primes : la nationalité.

Les assureurs suisses se défendent d’être xénophobes

Un petit coup d’œil sur un comparateur d’assurance auto en Suisse suffit pour constater que les primes payées par les étrangers sont beaucoup plus élevées que celles demandées aux automobilistes locaux.

Mais d’après le porte-parole de l’Association suisse de l’assurance externe,

« Il ne s’agit nullement d’une forme de discrimination ».

À en croire M. Sugimoto,

« Pour fixer le montant de leurs primes, les compagnies d’assurances du pays ne font pas preuve de favoritisme envers leurs concitoyens. Elles s’appuient sur des données statistiques avérées pour évaluer les risques potentiels que présente chaque conducteur ».

Toutefois, lesdites informations n’ont pas été détaillées. Toujours est-il que, pour un niveau de garanties équivalent, un Albanais paie aujourd’hui presque le double (95 % de plus) qu’un ressortissant suisse.


Autre exemple, mais moins flagrant, un Italien débourse une somme de 22 % supérieure à celle payée par un natif du pays pour pouvoir rouler en voiture.

Ces importants écarts pourraient suggérer que, pour les assureurs suisses, il existerait une certaine corrélation entre le pays d’origine de l’automobiliste et son comportement au volant.

Une pratique illégale dans l’Union européenne

Cette particularité des assureurs suisses est rendue possible par le fait que la Confédération helvétique n’appartient pas à l’Union européenne.

En effet, au sein de l’Union, si une compagnie d’assurance traitait différemment les clients en fonction de leur nationalité, elle se mettrait tout simplement en infraction avec la loi et s'exposait à des pénalités.

La distinction en fonction de l’âge et du sexe est autorisée puisqu’effectivement, une personne en âge avancé ne présente pas les mêmes réflexes qu’un jeune conducteur et qu’aussi, une personne mûre fait preuve de beaucoup plus de prudence.

En revanche, la prise en compte du pays d’origine dans le calcul du montant des primes est considérée par l’Union européenne comme une discrimination fondée sur la nationalité.