Les SUV risquent de se retrouver dans une mauvaise posture. La notoriété de ces véhicules utilitaires sport sur le marché français de l’automobile a en effet toutes les chances d’être malmenée avec l’entrée en vigueur du nouveau cycle d’homologation WLTP. Et elle le sera davantage si la loi mobilités venait à adopter l’amendement récemment proposé par un parlementaire.

Depuis 1er septembre 2018, le WLTP est opérationnel dans l’ensemble des pays membres de l’Union européenne. Avec la mise en place de ce nouveau cycle d’homologation, de sérieux changements s’opèrent en ce qui concerne le gaz à effet de serre émis par les véhicules qui se doit désormais d’être mesuré plus concrètement.

La France n’en est pas exclue et tout semble indiquer que dans l’Hexagone, cette mesure impacte davantage les SUV jugés plus polluants que les autres modèles. Et leur cas risque fort de s’aggraver avec le nouveau mode de calcul que le député Matthieu Orphelin tente d’intégrer à la loi mobilités.


Un amendement qui vise à prendre en compte le poids du véhicule pour déterminer le niveau de bonus et de malus écologique accordés à chaque modèle.

La ruée vers la transition énergétique s’accentue

Les pays membres de l’Union européenne figurent parmi les fervents défenseurs de la transition énergétique afin du lutter contre la pollution. La France en fait partie et peut même se vanter d’être la plus motivée dans ce domaine.

La preuve, elle est l’une des nombreuses nations à avoir mis sur pied un système fiscal destiné à encourager l’usage de voitures à faible émission de CO2 et à pénaliser les modèles les plus polluants.

Les mesures actuelles allant dans ce sens ne semblent d’ailleurs pas suffisantes puisqu’un parlementaire tente de faire adopter un nouvel amendement qui devrait y apporter un changement.

Matthieu Orphelin, le député à l’origine de cette proposition veut en effet intégrer le poids du véhicule dans le calcul du bonus malus qui jusqu’ici dépend uniquement du niveau de gaz à effet de serre émis.

Et si ce projet venait à être adopté, l’Hexagone serait le second de la liste à s’y mettre après la Norvège. Après tout, les Français sont également d’avis pour la mise en place du cycle d’homologation WLTP. Celui qui, depuis septembre 2018, a remplacé le système NEDC afin de jauger plus efficacement les taux d’émission de CO2 et de consommation d’énergie.


Les SUV sont les plus à plaindre

Il va sans dire qu’en apportant plus de précision dans la mesure de carbone émis par les véhicules, le cycle WLTP ne manque pas de faire grimper les valeurs affichées par chaque modèle pour pénaliser davantage les plus polluants.

Ce serait également le cas si l’amendement susmentionné est intégré à la loi d’orientation des mobilités en tenant compte du fait que plus la voiture est lourde, elle consomme plus et émet davantage de CO2. C’est d’ailleurs la raison principale incitant Matthieu Orphelin à proposer ce projet de loi en précisant que :

« L’idée est d’encourager les véhicules les plus légers et décourager l’achat de gros véhicules ».

Vu dans ces sens, l’on pourrait facilement affirmer que les SUV sont les plus à plaindre puisqu’ils répondent parfaitement à ces critères en étant à la fois lourds et polluants. À une note de l’organisme rattaché à Matignon France Stratégie d’y apporter une explication :

« Le poids intervient dans trois des quatre résistances à l’avancement d’une voiture, la traînée de roulement, l’énergie potentielle (dans les montées) et l’inertie lors des accélérations. Que la voiture soit thermique ou électrique, il convient donc avant tout de minimiser son poids pour minimiser sa consommation énergétique ».

Ce qui ramène à dire qu’ils seront fortement pénalisés par le fameux malus écologique. Ainsi, les analystes estiment que ces changements risquent d’avoir un impact négatif sur ces modèles en matière de vente, alors qu’ils suscitent l’engouement des acheteurs depuis des mois pour leur permettre d’obtenir une part non négligeable de 36% sur le marché européen de l’automobile.