Les hybrides rechargeables ne sont pas aussi propres que le prétendent les constructeurs. C’est la conclusion avancée par l’ONG Transport et Environnement (T et E) après des tests réalisés sur des modèles phares du marché. Elle appelle ainsi à une prise de mesures de la part du gouvernement. Pour l’heure, ce dernier soutient l’achat des modèles électriques et hybrides.

Le marché des véhicules hybrides rechargeables ne s'est jamais aussi bien porté en France. Cette année, les ventes ont dépassé celles des modèles thermiques. Elles évoluent en partie grâce aux aides versées par l'État. Une initiative qui ne fait pas l'unanimité, et à laquelle s'oppose l'ONG Transport et Environnement.

Effectivement, la promotion des modèles hybrides ou 100 % électriques vise à réduire les émissions générées par le transport. Mais selon cette ONG, ces véhicules sont plus polluants que ce que laissent penser les constructeurs. Des tests ont été réalisés pour le prouver. Les résultats pourront également intéresser les compagnies d'assurance auto.


La vente des hybrides explose

D'après l'ONG Transport et Environnement, le gouvernement devrait mettre fin au versement des aides à l'achat pour les hybrides rechargeables. Elle lui demande en outre de supprimer les avantages fiscaux accordés aux entreprises.

Concrètement, le programme a déjà coûté 38 millions d'euros à l'État, selon les chiffres de septembre dernier. Cette somme comprend uniquement les aides à l'achat, et exclut les primes à la conversion.

L'État dépenserait également 7 millions d'euros de plus chaque année, afin de promouvoir les hybrides rechargeables auprès des professionnels. Les actions menées semblent porter leurs fruits. Mi-octobre, l'Hexagone recense plus de 40 284 véhicules hybrides rechargeables vendus sur l'année. Cela équivaut à une croissance de 239 %.

Mais l'ONG T et E attire l'attention sur leur impact d'un point de vue écologique. En effet, elle a réalisé des tests sur trois modèles de véhicules hybrides, en tête dans les ventes en 2020. À l'issue de ces analyses, l'ONG découvre que leur taux d'émissions de CO2 dépasse celui communiqué officiellement par les constructeurs.

Les tests sont pourtant réalisés avec des véhicules en conditions optimales, ayant la batterie pleine. De plus, les hybrides ne sont pas concernés par le malus au poids pour les véhicules de plus de 1 800 kg. Or, ils sont généralement très lourds.


Des émissions élevées dues à des problèmes de batterie

Cette ONG n'est pas la seule à avoir constaté ces différences. L'ONG International Council on Clean Transportation (ICCT) a également réalisé des études sur les véhicules hybrides. Les résultats jusqu'en 2019 montrent un taux d'émissions 2 à 4 fois supérieur à celui déclaré pendant la procédure d'approbation. Ceci concerne également des véhicules en conditions réelles.

Une autre analyse effectuée par Emissions Analytics indique des émissions 28 % à 89 % plus élevées que celles communiquées par les constructeurs. Et ce, lorsque les véhicules sont en conditions réelles et roulent avec une batterie pleine. Les tests se portaient sur des modèles de 4X4 urbains : le Mitsubishi Outlander, la Volvo XC60 et la BMW X5.

Les émissions sont 3 à 8 fois supérieures lorsque la batterie est vide. Avec une conduite en mode recharge, les véhicules émettent 3 à 12 fois plus de CO2.

Selon l'ONG T et E, ce problème relève d'un défaut au niveau des moteurs. Les véhicules hybrides sont équipés d'un faible moteur électrique, couplé à un moteur thermique volumineux et qui reste polluant. De plus, il faut souvent du temps pour recharger la batterie. Cela affecterait la plupart des véhicules qui associent une batterie rechargeable et une motorisation thermique.