Un des secteurs d’activité les plus touchés par la crise, celui des chauffeurs VTC peine à se redresser. À tel point que pour capter les clients, certaines plateformes n’hésitent plus à baisser outrageusement leurs tarifs, quitte à essuyer des pertes. La concurrence s’insurge de cette pratique qu’elle qualifie de déloyale.

Une politique tarifaire agressive

En cette période trouble, les clients se font de plus en plus rares pour les chauffeurs VTC. En temps normal, ils réalisent le plus gros de leur chiffre d'affaires avec les touristes, mais avec la fermeture des frontières à cause de la pandémie, ces derniers sont bien évidemment absents.

Le salut aurait pu venir des particuliers qui, par peur de la contamination dans les transports en commun, auraient fait appel à un chauffeur VTC. Toutefois, là encore, les professionnels du secteur repartent presque bredouilles.

En attendant des jours meilleurs, certaines plateformes tentent de préserver leur part de marché (et d'en grappiller) en bradant les tarifs. La start-up Bolt est particulièrement pointée du doigt.


Alors que les autres plateformes réclament au minimum 6 euros pour chaque course effectuée par leur chauffeur, Bolt a abaissé son seuil à 5 euros.

Pour ses concurrents, s'aligner sur ce tarif n'est pas envisageable, notamment pour ceux qui ont des crédits à rembourser en plus de l'assurance auto. Les pertes seraient tout simplement insurmontables.

À l'heure actuelle, seule la plateforme Uber peut se permettre une telle stratégie. Pourtant, même le spécialiste du transport de particuliers a maintenu sa commission à 25 %.

La nouvelle loi d'orientation des mobilités devrait contribuer à rétablir l'équilibre, mais pour l'instant, elle n'est toujours pas entrée en vigueur.

Pour rappel, cette loi oblige les chauffeurs à afficher la distance des courses et les prix de la prestation (les chauffeurs ont tout de même droit à des « heures creuses » durant lesquelles ils peuvent appliquer d'autres tarifs, à l'insu de la plateforme qui les emploie).

Des emplois menacés

L'industrie du transport VTC s'est grandement développée ces dernières années, à l'image d'Uber qui est devenue un véritable mastodonte dans le domaine. Rien qu'en France, on dénombre environ 30 000 chauffeurs.

Mais si la crise perdure et que l'activité ne reprend pas de manière convenable, bon nombre de chauffeurs VTC envisagent de chercher une autre occupation de subsistance.