En août dernier, une baisse de 11 % a été relevée sur le marché automobile chinois en un août, concernant les ventes de véhicules électriques. Cette chute éloigne ainsi le pays de son objectif de vendre deux millions de véhicules à motorisation électrique d’ici 2020. Les constructeurs en sont nécessairement affectés, mais comptent poursuivre la production.

Avec 1,26 million de modèles écoulés l’année dernière, la Chine s’instaure comme le premier marché mondial de véhicules électriques. Il s’agit en effet de 60 % des ventes mondiales. Un succès qui a pourtant été mis à mal par un repli de 5 % au mois de juillet dernier puis de 11 % en août.

Cette baisse de performance a touché les constructeurs ainsi que les start-up qui travaillent dans la production des modèles électriques. Ces acteurs n’envisagent cependant pas de ralentir la production, bien au contraire. Ils subissent ainsi cette baisse de rentabilité en attendant que le marché retrouve son dynamisme.


Un marché impacté par les mesures prises par Pékin

Les acteurs du secteur automobile accusent principalement le gouvernement chinois d’être responsable de cette baisse de performance. Celui-ci semble en effet avoir réduit les initiatives menées en vue de promouvoir la motorisation électrique.

Dans le même temps, les seules mesures prises favorisent davantage les ventes de voiture à essence et impactent celles des modèles électriques. Les acteurs dénoncent ainsi deux décisions prises récemment.

D’un côté, la baisse des subventions pour les véhicules électriques. Ces aides financières, qui ont permis de diminuer artificiellement le prix de ces voitures, ont coûté 58 milliards de dollars au gouvernement chinois jusqu’à l’année dernière.

En juillet dernier, il a décidé de réduire leur montant, avant de les supprimer définitivement l’an prochain. À titre d’exemple, à Shanghai, les subventions maximales sont passées de 90 000 yuans (11 500 euros) en 2018 à 25 000 yuans (3 200 euros) cette année.

Par ailleurs, l’exécutif a donné l’ordre de lever la restriction des achats de voitures roulant à l’essence, appliquée dans les grandes villes comme Pékin ou Shanghai et destinée à réduire les embouteillages et la pollution. Cette mesure limitait par exemple à 2 000 par mois le nombre de nouvelles immatriculations dans la ville de Guiyang.


Cette décision risque d’être défavorable aux constructeurs de véhicules électriques, qui doivent déjà gérer l’impact des rabais proposés par les concessionnaires pour les modèles à essence et la méfiance des consommateurs à l’égard de la motorisation électrique (autonomie, rapidité de recharge, etc.).

Un segment qui n’est malgré tout pas boudé par les constructeurs

L’effondrement des ventes automobiles en Chine pourrait également ralentir la croissance du marché de l’assurance, même pour les compagnies qui proposent une assurance auto pas cher. En tout cas, les conséquences de la stagnation des ventes ont déjà été observées chez des acteurs comme NIO.

Cette start-up spécialisée dans la production de véhicules électriques a été affectée par une perte de 453 millions de dollars au second trimestre de 2019. Elle se retrouve ainsi avec un manque à gagner de 2,61 milliards de dollars en deux ans.

Bien qu’il détienne de larges parts de marché, le constructeur BYD n’a pas non plus été épargné par cette crise. Il a ainsi conclu le mois d’août 2019 avec une baisse de 23 % de ses ventes, déjà précédée par un recul de 12 % en juillet.

L’avenir du marché chinois dans la motorisation électrique soulève en ce sens de nombreuses questions. Les constructeurs restent néanmoins optimistes. D’autant que les collectivités locales, comptant sur ces derniers pour générer des emplois, ont déjà investi des centaines de millions de dollars pour promouvoir la production de voitures électriques en Chine.

Ainsi, au risque de ne pas être rentables, des fabricants tels que Volkswagen et General Motors souhaitent lancer des véhicules électriques dans le pays.

Tesla, pour sa part, a annoncé que la production de la Model 3 au sein de son usine à Shanghai commencerait d’ici la fin de cette année
. Le but pour les constructeurs étant, pour l’heure, de promouvoir la production d’électriques de façon à se conformer aux réglementations en vigueur.