Depuis quelques années, le CES de Las Vegas est devenu un évènement incontournable pour les principaux acteurs du marché des véhicules connectés. Il s’agit également d’une occasion unique pour faire un bilan des progrès de la voiture autonome. Durant le salon, Europe 1 a ainsi interrogé Marc Vrecko, un des dirigeants de Valeo, sur les avancées dans le domaine.

Malgré les prévisions de certains constructeurs, les véhicules sans chauffeur ne seront pas encore disponibles sur les marchés en 2020. Le projet reste toutefois d’actualité.

Les constructeurs ont seulement pris un peu de retard dans sa réalisation. Les voitures autonomes se multiplieront effectivement sur les routes et figureront même sur une simulation assurance auto dans les dix à quinze prochaines années.

En attendant, les automobilistes peuvent déjà bénéficier des nombreuses avancées en matière d’aides à la conduite. Le perfectionnement de ces fonctionnalités représente d’ailleurs une étape importante dans le développement de la voiture sans conducteur. Ainsi, les véhicules gagneront progressivement en autonomie durant la prochaine décennie.

Des inquiétudes légitimes

La sécurité est l’une des premières préoccupations des constructeurs de voitures autonomes. Ils devront notamment apaiser les inquiétudes à ce sujet. Selon les spécialistes, les véhicules autonomes sont statistiquement plus sûrs qu’un modèle classique en raison de la suppression du facteur humain dans la conduite.


Comme le souligne le président de la division conduite autonome de Valeo, Marc Vrecko, sur Europe 1 :

« […] 97 à 98 % des accidents de la route sont dus à des erreurs humaines. Une voiture autonome n’envoie pas de textos, elle ne boit pas, elle respecte le Code de la route ».

Cependant, ce type de véhicule reste susceptible d’être impliqué dans des accidents. D’ailleurs, le grand public se montre assez méfiant par rapport à cette technologie depuis les trois collisions mortelles recensées par les acteurs du secteur. La marque Tesla, à elle seule, en compte deux.

Le dernier accident date de mai 2019. Néanmoins, ces évènements n’ont pas affecté les ventes du constructeur l’année dernière.

Selon Marc Vrecko, le succès de la voiture autonome dépend foncièrement de la confiance du public. Ainsi, les fabricants devront prouver concrètement le côté sécuritaire de ce type de véhicule durant la prochaine décennie. Une fois les consommateurs convaincus, ils pourront déployer cette innovation sur le marché.

Une évolution par étape

Aujourd’hui, les constructeurs n’ont pas encore atteint la maturité technologique nécessaire pour livrer une voiture autonome fonctionnelle. Au début, ils ont fait preuve de beaucoup d’enthousiasme et imaginaient même produire leur premier modèle cette année. Toutefois, dans la pratique, le projet s’est révélé plus complexe que prévu sur le plan technique et réglementaire.


Néanmoins, l’évolution des aides à la conduite sur le marché est assez encourageante pour l’avenir de la voiture autonome. En effet, de nombreuses marques proposent actuellement diverses options comme l’assistance au stationnement automatique ou au freinage d’urgence. Selon les spécialistes, ces fonctionnalités deviendront de plus en plus complexes jusqu’à conférer une totale autonomie au véhicule.

Contrairement à la France, les États-Unis ont fait des progrès notables dans le domaine. Un opérateur basé à Phoenix propose actuellement aux consommateurs des taxis autonomes. Le service fonctionne comme toutes les applications de VTC disponibles sur le marché. Il suffit de commander une voiture sans chauffeur sur son smartphone et d’indiquer la course à effectuer pour parvenir à destination.

En tout cas, les pouvoirs publics sont des acteurs incontournables dans le déploiement de la voiture autonome sur les routes. Ils doivent dès à présent prévoir un écosystème spécifique pour accueillir cette nouvelle génération de véhicules.