Les voitures autonomes doivent se perfectionner

Uber comptait desservir treize agglomérations d’ici 2022, avec notamment des dizaines de milliers de taxis, comme le précise le magazine d'affaires américain Fast Company. L’entreprise technologique avait aussi prévu que les automobilistes n’auraient plus besoin d’assistance en 2020.

Parviendra-t-elle à relever ce défi sachant que les objectifs 2019 n’ont pas été atteints ? 13 000 véhicules sont censés être déployés cette année.

Celui qui dirige Waymo, John Krafcik, reconnaît que le challenge d’ordre technologique afférent au déploiement de la voiture sans chauffeur est particulièrement risqué. Pour information, cette entreprise est une filiale d’Alphabet, au même titre que Google.

Des années supplémentaires de recherche pour une meilleure interaction avec l’environnement

Dara Khosrowshahi, le dirigeant de l’entreprise Uber, a révélé que les usagers de la route devront patienter quelques années avant que ses véhicules ne deviennent sûrs et complètement autonomes. Elon Musk, qui est à la tête de Tesla, a adopté le même discours, en affirmant que quelques décennies de recherche sont encore nécessaires.

Or, l’entreprise avait envisagé de commercialiser des millions de voitures dotées d’un système de conduite autonome d’ici l’année prochaine.


Un haut responsable qui travaille chez Zoox, Mark Rosekind, a déclaré au New York Times que les questions techniques ne sont pas les seuls problèmes à régler à l’heure actuelle.

Le directeur de l'innovation concernant la sécurité a notamment mis en avant les éventuels soucis qui peuvent se présenter par rapport aux piétons et aux autres véhicules à conduite manuelle. Par exemple, ni les New-Yorkais ni les Parisiens ne tiennent systématiquement compte des feux rouges lorsqu’ils traversent les rues. Selon Mark Rosekind :

Dans le cas des voitures autonomes, les questions techniques vont être résolues. C'est la partie société qui va être la plus difficile à gérer.

Tous les risques ne sont pas encore maîtrisés

L’un des véhicules sans conducteur d’Uber a causé la mort d’une piétonne dans l’Arizona l’an passé. Pour cette raison, les tarifs affichés par un comparateur assurance auto seront-ils particulièrement élevés ? En tout cas, l’entreprise compte parmi les plus dynamiques quant à la généralisation de la voiture sans conducteur.

En 2017, Larry Page, CEO de Google, qui mise sur le niveau 5, a estimé que l’automatisation partielle du système de conduite pourrait réduire la vigilance de l’automobiliste. Mais pas seulement. Il explique :

Si une situation exceptionnelle se manifeste, et que l'automatisation partielle a besoin d'aide, le conducteur pourrait ne pas venir en aide à la machine suffisamment vite et suffisamment bien. Puisqu'une voiture partiellement automatisée ne va “appeler à l'aide” que dans des circonstances exceptionnelles, les dégâts pour la voiture, le conducteur et la réputation du fabricant seront proportionnellement extraordinaires.

John Krafcik doute également que les voitures sans chauffeur puissent être un jour capables de rouler dans les conditions climatiques les plus difficiles. C’est ce qu’il a affirmé dans une interview accordée au Wall Street Journal.