La fin de la circulation des véhicules anciens de plus de 30 ans est peut-être proche. Cela en raison de l’application et l’extension des Zones à Faibles Émissions. Ne disposant pas des vignettes Crit’Air requises, ils ne peuvent accéder aux agglomérations concernées. Le ministère de la Transition écologique envisage même des sanctions pour les conducteurs déviants.

Lyon, Lille et Aix-Marseille-Provence font partie des métropoles qui mettront en place les Zones à Faibles Émissions (ZFE). Cette mesure se traduit par l'interdiction de circulation des véhicules sans vignettes Crit'Air imposées dans les localités concernées. Ce qui est loin d'être une bonne nouvelle pour les propriétaires de modèles anciens.

En effet, en raison de leur âge, ces voitures ne peuvent pas disposer des vignettes requises. Dès lors, elles sont vouées à rester au garage, mais devront probablement être couvertes par une assurance auto. Les associations qui militent pour la défense de l'automobile ancienne ont réagi et sollicitent l'intervention de l'opinion publique.


Une amende de 68 euros pour les circulations en ZFE

Pour appliquer la loi sur la transition énergétique, le ministère de l'Écologie prévoit l'installation de radars fixes. Ils aideront également à faire respecter la ZFE. En effet, ils identifieront les véhicules qui entrent dans la partie concernée et qui n'y sont pourtant pas autorisés. L'infraction contraint le conducteur à payer une amende de 68 euros.

Pour l'heure, la sanction n'est pas en application et doit être testée avant son approbation.

Du côté des passionnés, la Fédération Véhicules Patrimoine et Passion (FVPP) continue de lutter. Pour rappel, il s'agit d'un organisme créé par un amateur de voitures anciennes, Philippe Plantier. Il est aussi l'initiateur de l'association VALVE (Villes Accueillantes en Liberté les Véhicules d'Époque) en 2017. Cette dernière est elle-même lancée suite à l'adoption de la réglementation Crit'Air.

Pour la reconnaissance du patrimoine et le droit de circuler

La FVPP mène son combat depuis 4 ans. Elle lutte notamment pour deux choses :

  • Que les voitures de plus de 30 ans soient reconnues comme patrimoines industriels vivants du 20e siècle ;
  • Qu'elles aient le droit de circuler en toute liberté dans les ZFE, suivant les recommandations du droit européen.

En ce sens, la Fédération suggère la création d'un indicateur extérieur, une plaque d'immatriculation ou une vignette dédiée. Un système qui est déjà en place dans d'autres pays européens comme les Pays-Bas ou l'Allemagne.


Si ces demandes sont rejetées, les véhicules anciens pourront être interdits de circulation dans 19 métropoles. Cette mesure implique les ZFE dès le 1er janvier 2021. Une extension dans une trentaine de localités a également été prévue.

Des conséquences sur l'économie

Cette mesure risque néanmoins d'avoir des retombées sur l'économie dès janvier prochain. En effet, l'automobile ancienne pèse sur le PNB, avec plus de 4 milliards d'euros. 4 000 entreprises ainsi que 20 000 emplois directs et des milliers d'emplois indirects dépendent également du secteur.

Il se trouve à l'origine de 2 % des évènements qui ont lieu en France chaque année. Soit environ 100 000 par an, à l'instar du salon Rétromobile.

En tout, l'Hexagone compte 800 000 voitures de collection qui pourront être interdites sur 25 % du territoire national. Il a pourtant été confirmé que leur impact environnemental reste moindre.

Les véhicules anciens ne représenteraient que 0,01 % des kilomètres parcourus par l'ensemble des voitures roulant en France. Et pour cause, ils circulent très rarement. Chaque véhicule réalise moins de 1 000 km par an en moyenne. Ils ne constituent en outre que 2 % du parc automobile hexagonal.