Les véhicules quasi neufs ont gonflé les taux de vente de voitures électriques neuves en décembre 2020. Derrière ce succès se cache une immatriculation tactique abusive. Si les constructeurs ont réussi à atteindre leurs objectifs CO2, ils sont obligés de tout écouler en janvier 2021. Les occasions électriques à 0 km ont donc lésé la vente de véhicules neufs.

Pour réduire au maximum leurs émissions moyennes de CO2, les constructeurs automobiles ont usé de stratégies. En décembre 2020, les ventes de voitures électriques ont littéralement grimpé. Ce succès s'explique par l'abus d'immatriculations dites tactiques. Les flottes de voitures neuves écoulées étaient surtout constituées de véhicules de démonstration. Pourtant, lorsqu'un modèle est mis sur le marché, sa valeur diminue.

Pour échapper à une décote trop importante, ces véhicules sont vendus en tant qu'occasions. Les concessionnaires ont donc privilégié leurs ventes en janvier, d'où l'écroulement des taux de vente. Pour une première acquisition de voiture électrique, une assurance auto est toujours utile pour bénéficier d'un contrat personnalisé.


L'abus des voitures de démonstration en chiffres

Constructeurs et concessionnaires sont habitués à garder des exemplaires d'un nouveau modèle de véhicule. Ce sont les voitures de démonstration (VD) réservées aux essais en concession. Même si cette immatriculation tactique est habituelle, des excès ont été rapportés. D'après AAA Data, 2?400 sur 3?285 des VE immatriculées en décembre 2020 chez Volkswagen France étaient des VD. Cette hausse a servi à la marque pour accéder à sa prime d'objectif CO2.

Toujours à la même période, Fiat a immatriculé 1?454 voitures à batteries, dont 33,18 % étaient destinées à la démonstration. Pour Renault, sur les 7?332 véhicules électriques vendus, 17,05 % n'ont jamais trouvé preneurs, car elles servaient de VD. À titre d'exemple, 1?721 Dacia Spring ont été immatriculées en décembre 2020, alors qu'elles ne seront disponibles sur le marché qu'au printemps 2021.

Certes, les immatriculations artificielles ont permis aux constructeurs de s'en sortir en 2020, mais ces manœuvres ont un coût. En janvier, les concessionnaires ont dû privilégier la vente des voitures électriques d'occasion à zéro kilomètre. Ce qui fut une aubaine pour les clients l'est moins pour les constructeurs obligés de revoir à la baisse le taux de vente en janvier 2021. Ainsi, Volkswagen s'est tenu à 181 voitures électriques vendues, contre 382 pour Fiat.


Une chute à 68 % du marché des voitures électriques en janvier 2021

Comparée aux chiffres de décembre 2020, la vente de voitures électriques (VE) neuves a diminué à 68 % en janvier 2021. Si 11?000 véhicules à batteries ont été écoulés en janvier 2020, le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) n'en a enregistré que 6?469 à la même période pour 2021. Pourtant, 20?734 véhicules ont été immatriculés en décembre 2020.

Pour éviter de tomber dans les extrêmes, certains constructeurs automobiles se sont montrés plus judicieux. Kia s'est contenté d'un taux de 9,82 % de voitures de démonstration sur l'ensemble de sa flotte de décembre 2020. Pour Peugeot, le taux était de 10,39 %, soit 1?717 immatriculations en janvier contre 1?482 pour décembre dernier.

Le constructeur le plus prudent est Tesla avec 1,26 % de VD (662 VE vendues en décembre et 846 acquisitions en janvier). Pourtant, la marque californienne a essuyé une baisse de 90 % des taux de vente entre décembre 2020 et janvier 2021. Mais cela est lié au pic d'immatriculation. En effet, Tesla produit ses véhicules dans son usine aux États-Unis. Et chaque fin de trimestre, elle importe une flotte importante de voitures électriques nouvellement numérotées.