Alors que l’Exécutif projette de réduire la part du diesel dans le parc roulant, les Français restent encore attirés par la motorisation. La majorité d’entre eux estiment que son bannissement des agglomérations revêt un caractère démesuré. Près de la moitié se sont même exprimés contre une telle politique. Des opinions recueillies dans le cadre d’une enquête par Harris Interactive.

À partir du 1er juillet prochain, le plafond du bonus écologique baissera de 1000 euros. Ainsi, le montant maximal tombera à 6000 euros pour un véhicule accessible à un tarif ne dépassant pas 45000 euros. Pour un utilitaire hydrogène et électrique coûtant moins de 60000 euros, la somme sera limitée à 2000 euros. À compter du 1er janvier 2022, il diminuera à 1 000 euros. Face à cette situation, les propriétaires qui envisagent de se convertir à une voiture plus propre doivent y procéder le plus rapidement.

À ce propos, Xavier Horent a souligné l'importance des mesures d'aides pour l'industrie automobile en vue de la transition écologique.


Différents éléments dissuasifs pour les modèles électriques

Pour le délégué général du CNPA, la réussite de cette transformation nécessite des subventions conformes aux objectifs fixés. Il ajoute que celle-ci demande également :

Un calendrier réaliste, davantage de pédagogie dans la communication

Concernant ce dernier, les renseignements prodigués sur l'accroissement des flottes propres et sur la diminution de la mobilité Diesel semblent insuffisants. En témoigne notamment une étude Harris Interactive récemment publiée par le CNPA. D'après le rapport, trois sondés sur cinq ignorent que les zones à faibles émissions (ZFE) dans l'Hexagone s'étendront bientôt à plusieurs communes. C'est entre autres le cas de celles de Grand Paris qui y ont été intégrées depuis le 1er juin.

En outre, 47 % des personnes interrogées se disent mal informées des dispositifs institués afin de verdir davantage le parc. Cela concerne notamment la prime à la casse, le «Rétrofit électrique», la surprime ZFE, etc. Dans ce contexte, 64 % des Français ne prévoient pas d'acquérir un véhicule entièrement à batteries pour les cinq prochaines années. Un choix qui aura quelques effets au sein des mutuelles d'assurance auto.

Une réserve à l'égard de l'interdiction du carburant en ville

À ce sujet, 43 % du panel critiquent la longueur du temps de rechargement des voitures électriques. Six individus consultés sur dix reprochent leur faible performance en matière d'autonomie. 67 % se plaignent des tarifs élevés des voitures électriques. Une situation qui pourrait cependant changer sous peu si l'on croit une étude de Bloomberg NEF. D'après celle-ci, les utilitaires thermiques et à batteries seront par exemple accessibles au même prix d'ici quatre ou six ans.

Relativement à cela, certains sondés par Harris Interactive semblent réticents à l'idée d'exclure le Diesel dans les agglomérations. 71 % déplorent une excessivité de la mesure tandis que 45 % d'entre eux la désapprouvent. En d'autres termes, les Français ne partagent pas le projet du gouvernement d'amoindrir largement la part du diesel. Pour information, la motorisation représente encore 57 % du parc en circulation en France au cours de l'année dernière.