Outre le GPS, les voitures sont désormais équipées d’une myriade de capteurs et ont souvent accès à Internet. Elles sont ainsi capables de collecter et de transmettre une grande quantité de data aux constructeurs. Avec l’arrivée de la 5G, les automobilistes sont en droit de s’interroger sur l’ampleur de ce phénomène et l’utilisation de leurs données personnelles.

Actuellement, les activités des internautes en ligne sont enregistrées, traitées et parfois monnayées par les principaux acteurs du Web. Pour justifier cette démarche, ils évoquent notamment l’importance de ces données dans le développement des fonctionnalités de leur site, l’enrichissement des services proposés et l’amélioration de l’expérience utilisateur.

Ce système permet, par exemple, aux compagnies d’assurance auto de personnaliser leurs offres en fonction du comportement quotidien du conducteur. Toutefois, cette pratique pose problème en matière de protection de données personnelles.

Un journaliste du Washington Post a donc fait appel à un expert pour démonter et analyser une voiture pour connaître quel type d’information elle recueille sur l’automobiliste.


Des informations détaillées sur l’utilisateur

Dans le cadre de son enquête, le journaliste du Washington Post a travaillé sur une Chevrolet de General Motors. La marque a déjà livré 11 millions de modèles connectés utilisant la technologie 4G. Avec ces dispositifs embarqués, la voiture peut à la fois stocker les données et les transmettre aux serveurs du constructeur.

Par ailleurs, ce type de véhicule est rarement équipé d’un seul ordinateur de bord. Il est le plus souvent doté de plusieurs capteurs et calculateurs interconnectés. Ces équipements, qui génèrent un immense flux de données, sont parfois inaccessibles sans du matériel ou des compétences spécifiques.

Au terme de leur expérience, les enquêteurs se sont rendu compte que la voiture recueillait une grande diversité d’informations sur le conducteur. Les systèmes embarqués ont notamment enregistré l’historique des appels de l’utilisateur ainsi que ses contacts avec leur numéro, photo et e-mail.

Ces dispositifs ont également récolté les données GPS, les performances de la voiture, les horaires de conduite et le comportement de l’automobiliste au volant. Selon General Motors, dans les colonnes du Washington Post, toutes ces informations sont indispensables pour améliorer la qualité et l’aspect sécuritaire de ses produits.

Une matière première prometteuse

En dépit des discours officiels tenus jusqu’à présent, les constructeurs automobiles sont conscients de l’énorme potentiel des données personnelles en termes de valeur ajoutée. La plupart des acteurs du secteur envisagent ainsi de participer au modèle économique initié par les géants du numérique. En effet, le marché des data représente désormais un domaine non négligeable pour tous les professionnels.


Ainsi, General Motors a expliqué aux journalistes du Detroit Free Press en octobre 2018 que ses voitures permettaient de connaître les restaurants fréquentés par le conducteur ou encore la radio écoutée au sein de l’habitacle.

D’après le constructeur, ces informations sont susceptibles d’intéresser les annonceurs et les fournisseurs de services à l’avenir. Il envisage donc à terme de valoriser ces données comme les géants du Web.

Le développement de ce marché devrait également s’accélérer avec l’évolution de l’industrie automobile et le déploiement des réseaux nouvelle génération. En effet, les modèles lancés ces dernières années sont souvent équipés d’une connexion Internet. Cette tendance devrait d’ailleurs se généraliser sur le moyen et le long terme.

De plus, l’avènement de la 5G incitera les constructeurs à multiplier les services en ligne et les fonctionnalités connectées. Logiquement, le flux de données sur chaque voiture augmentera de manière significative.