À partir de l’année prochaine, l’Île-de-France et trois autres régions accueilleront des voitures-radar privées dotées de flash infrarouge indétectable. Actuellement, ces véhicules arpentent déjà les routes de la Bretagne et de la Normandie, entre autres. Le recours à ces solutions permettrait aux gendarmes et aux policiers de se focaliser davantage dans d’autres missions plus importantes.

Dans huit régions de l'Hexagone, les voitures-radar privées roulent déjà. Sur les routes du reste du territoire, celles-ci seront déployées de manière graduelle. Dans quatre régions, les entreprises privées ont déjà pris le relais dans la surveillance des allures des automobilistes. Ces collectivités concernent le Centre-Val de Loire, les Pays de la Loire, la Bretagne et la Normandie. En Occitanie, au Grand Est et dans les Hauts-de-France, les transferts avec les forces de l'ordre se poursuivent actuellement.

Le ministère de l'Intérieur affirme qu'en décembre 2022, près de 4 700 radars automatiques seront opérationnels dans l'Hexagone. Aujourd'hui, les marchés sont partagés entre les sociétés GSR, OTI France Securitas et Mobiom.


Un dispositif expérimenté depuis trois ans

La rétribution de ces entreprises s'effectue selon la longueur du trajet parcouru. Elles ne sont nullement rémunérées sur la base du nombre de contraventions émises. Pour information, chaque véhicule radar en circulation en dresse mensuellement environ 320 en moyenne.

Quant au ministère de l'Intérieur, il espère encaisser l'année prochaine 714 millions d'euros de recettes grâce aux radars routiers. Selon les dernières données publiées, le département en empochait 760 millions d'euros il y a deux ans.

L'essai des véhicules radars privés avait commencé entre 2018 et 2020. Depuis 2021, il se situe à sa phase d'extension. Une étape qui enchantera probablement les acteurs du secteur de l'assurance voiture. Majoritairement de type berlines, les voitures-radars sont banalisées et dotées de caméras fixées sur les plages arrière et avant. De cette manière, elles peuvent, pendant la circulation, déceler automatiquement les excès de vitesse. Le tout en l'absence de flash apparent.

Quatre nouvelles régions concernées dès l'année prochaine

Les véhicules privés roulent avec seulement un conducteur dans l'habitacle. Dans ceux des forces de l'ordre, un agent tient le volant pendant qu'un autre prend l'allure maximum tolérée. Au début août dernier, 202 voitures étaient conduites par des gendarmes ou des policiers, d'après la Sécurité routière. Les opérateurs privés en ont conduit quant à eux 183.


L'itinéraire des véhicules radars privés est tracé par la préfecture à partir essentiellement des secteurs susceptibles de provoquer des accidents. Le circuit d'intervention des voitures-radars privées et équipées de flash infrarouge indiscernable sera étendu en 2022 à :

  •  L'Occitanie ;
  •  L'Auvergne-Rhône-Alpes ;
  •  La Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) ;
  •  L'Île-de-France.

Dans ces collectivités, le document ministériel cité ci-dessus indique que les voitures-radars pourront circuler :

Dans tout ou partie du territoire.

Cette mesure vise à libérer le temps des forces de l'ordre pour qu'ils puissent se concentrer davantage sur d'autres tâches. Jusque-là, ces régions ont été exclues du dispositif développé en 2015 par un Comité interministériel de la Sécurité routière.