D’ici la fin de l’année, environ trois fois plus de véhicules gérés par le secteur privé seront mis sur route. Face à cette situation, les opinions divergent auprès des automobilistes. Certains pensent que le dispositif devrait être généralisé dans toute la France. D’autres estiment qu’il ne sert absolument à rien.

Depuis la première introduction des voitures-radar, 322 contraventions par véhicule ont été émises mensuellement. Selon la Sécurité routière, ce chiffre représente 9,2 % de l'ensemble des procès-verbaux établis pour un excès de vitesse détecté par un radar. D'après les observateurs, on devrait assister à une généralisation de ces véhicules d'ici 2023. À cette échéance, leur nombre devrait passer à 450 unités.

À noter qu'en début d'année, le parc de voitures-radar se composait de 83 véhicules appartenant à des entreprises privées. Et ce, en complément des 302 véhicules mis à la disposition des forces de l'ordre. Dans ce contexte, les responsables prévoient d'intensifier le dispositif au cours des prochains mois.


223 véhicules en service d'ici fin 2021

Dans son communiqué publié le 22 avril dernier, la Sécurité routière annonce que d'ici fin décembre, 140 voitures-radar s'ajouteront à la flotte des opérateurs privés. Jusqu'à maintenant, quatre sociétés ont été retenues à l'appel d'offres : OTI France, Securitas, GSR et Mobiom. Selon l'organe rattaché au ministère de l'Intérieur, la concrétisation du programme passera par :

[…] La reconversion de véhicules actuellement conduits par des policiers ou des gendarmes.

D'après celui-ci, cette délégation de service public a pour objectif de :

Libérer et mieux utiliser les compétences et les qualifications des forces de l'ordre.

Ces dernières pourront ainsi davantage se concentrer sur les contrôles de produits stupéfiants, les comportements dangereux, etc. La mise en place des voitures privatisées s'effectue déjà en Nouvelle-Aquitaine, en Bourgogne-Franche-Comté, dans les Hauts-de-France et le Grand-Est.

Les surveillances devraient commencer à partir de juin prochain, sur toutes les voies de circulation (autoroutes, départementales ou nationales). Les véhicules rouleront 7 j/7, jours fériés inclus, pour six heures quotidiennes. Sans signe distinctif, ils offriront l'assurance de la discrétion aux conducteurs, salariés des entreprises susmentionnées.

Aucune intervention routière

Par rapport à cela, les avis sont partagés du côté des particuliers. Pour la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, il est temps d'arrêter les expérimentations. L'extension du recours aux voitures-radar à l'ensemble du territoire relève d'une urgence en vue de l'amélioration de la Sécurité routière.


De son côté, le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes met l'accent sur l'inutilité de ces radars. D'après lui, cela ne sert à rien si l'on se contente de photographier les contrevenants. Il faut savoir que les renseignements collectés par les voitures-radar sont transmis aux officiers de police judiciaire chargés de la verbalisation. Travaillant au Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR) à Rennes, ces derniers examinent, puis valident la faute. En attendant, l'individu concerné continue de rouler.

Au cas où celui-ci fait l'objet d'une amende, il peut la contester 45 jours après réception de l'avis. Il devra alors remplir le formulaire y afférent et l'envoyer par la poste à l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions. La démarche peut également se faire en ligne.