Après avoir vendu Europcar à Eurazeo en 2006, le constructeur automobile s’apprête aujourd’hui à le racheter. En proie à des difficultés, le spécialiste de la location de véhicules a déjà reçu une offre de VW, qu’il a refusée. Pour le groupe allemand, la réalisation de la reprise reste loin d’être sûre. Pour l’instant, aucune décision n’a été arrêtée.

Avec la crise sanitaire, les loueurs de voitures ont grandement souffert notamment avec les différentes restrictions de déplacement. Et la situation profite à Volkswagen qui confirme son souhait de racheter un de ses gros clients Europcar. Pour information, environ 33 % de la flotte de ce dernier vient de la firme allemande.

Pour VW, une telle acquisition constitue une très belle opération financière sur le long terme. Dans cette optique, le groupe s'est allié avec deux fonds d'investissement. Une première offre a été soumise à partir d'un coût de 0,44 euro par action. Valorisant Europcar à 2,2 milliards d'euros, celle-ci a été refusée par la société française.


Les négociations sont en cours

Pour la multinationale de Wolfsburg et ses partenaires, cela reviendrait à 1,1 milliard d'euros d'investissement conjoint. Sur ce point, Volkswagen versera seulement une part.

Dans ce contexte, le constructeur allemand a déjà fait en 2020 l'objet d'une rumeur annonçant son retour au capital d'Europcar. Plus précisément, il ambitionnait d'être actionnaire majoritaire au sein du loueur français de véhicules et de le reprendre. Lors de l'officialisation de son souhait, le groupe annonce :

Volkswagen examine actuellement une potentielle transaction impliquant l'acquisition d'une majorité de parts d'Europcar. Ces considérations sont à un stade précoce, et aucune décision n'a pour le moment été prise.

Par rapport à cela, il faut savoir que la marque a déjà participé au capital de l'entreprise tricolore en 1988. Onze ans plus tard, elle en devient la société mère. En 2006, elle cède finalement ses parts pour 3,3 milliards d'euros.

D'après Volkswagen, la concrétisation d'une reprise reste pour l'instant incertaine. Pourtant une telle opération apporterait une grande aide à Europcar. Cela pourrait en effet conduire à une augmentation de sa flotte, et donc du nombre de devis assurance à solliciter.

La crise a miné l'activité d'Europcar

Sur ce point, Europcar a amputé son parc auto à la fin mars 2021 pour porter sa taille à 187 000 voitures. Sur un an, cette réduction est estimée à -36 %. Depuis la fondation de l'entreprise en 1949, la crise de 2020 reste la pire à laquelle elle a fait face. Entre janvier et mars 2021, le chiffre d'affaires du loueur de véhicules s'établissait à 355,7 millions d'euros. Soit une perte de 76,7 millions d'euros (-36 %). À titre indicatif, elle a déjà totalisé un déficit de 645 millions d'euros pendant l'exercice 2020.

Pour éviter la faillite, le spécialiste de la location a dû effectuer des décisions rigoureuses. Outre le redimensionnement de sa flotte, il a mis en place un plan d'économies plus dur. Une mesure qui lui a permis d'enregistrer 150 millions d'euros de coûts supplémentaires en moins comparé aux 850 millions d'euros prévus.