90 décibels, c’est le bruit que peut émettre une moto. Certains modèles vont même jusqu’à 100 décibels. L’OMS a pourtant précisé que le seuil à respecter est de 53 décibels durant la journée et de 45 décibels la nuit pour éviter que la pollution sonore ne nuise à la santé. À Paris, des mesures ont été prises.

À Paris, les autorités déplorent une réglementation trop flexible à l’égard des motos, qui sont pourtant à l’origine d’une pollution sonore non négligeable. En effet, le bruit émis par certains deux-roues peut s’élever jusqu’à 100 décibels. Or, cette situation peut être à l’origine de maladies telles que l’AVC.

La capitale française se mobilise ainsi pour lutter contre les nuisances sonores. Les autorités ont déjà mis en place un contrôle pour les deux-roues qui y circulent. Bientôt, des radars acoustiques seront également installés. Il y a dix ans de retard à rattraper, selon Aurélie Solans, la conseillère chargée de l'environnement de la ville.


Des modèles pouvant atteindre 115 décibels en circulation

S’il existe une réglementation qui régit le seuil de bruit à ne pas dépasser, les autorités parisiennes estiment qu’elle reste insuffisante, car peu contraignante. À l’heure actuelle, la limite fixée par la norme Euro 4 est de 80 décibels. Seuls les pots d’échappement respectant ce seuil peuvent être homologués.

Pour prendre ces mesures, un premier test est réalisé en laboratoire, en faisant rouler la moto en troisième sur des pistes d’essai de 50 kilomètres par heure. Celui-ci sera suivi d’une deuxième prise, effectuée cette fois-ci à l’arrêt et avec un régime de puissance à 50 % du maximum. Le sonomètre sera tenu à 50 centimètres du pot d’échappement.

Mais en conditions réelles, les décibels peuvent rapidement augmenter. La limite autorisée est alors fonction du chiffre renseigné sur la carte grise du conducteur, qui dépend lui-même du modèle de la moto. Le conducteur peut dépasser le seuil autorisé de 5 décibels. Au-delà, il sera sanctionné d’une amende de 135 euros.

En général, les contrôles se déroulent bien. La directrice de Bruitparif, Fanny Mietlicki, déplore qu’ils ne soient pas réalisés lorsque les motos sont lancées à pleine puissance. Certaines peuvent en effet atteindre 115 décibels lorsqu’elles roulent.


Pour sa part, Aurélie Solans indique que la nuisance sonore créée par les deux-roues est supérieure au bruit d’une tondeuse à gazon et équivalente à celui d’un marteau piqueur.

Les dispositions prises par Paris pour lutter contre la pollution sonore

Pour l’heure, la pollution sonore n’est pas encore prise en compte pour calculer une prime d’assurance moto. Et pourtant, le bruit émis par les deux-roues motorisés est considéré comme gênant par un grand nombre de personnes et constitue le premier motif de plaintes au niveau des mairies. Par ailleurs, il est susceptible de provoquer différents troubles de santé.

La pollution sonore s’attaque notamment au cerveau et peut perturber les phases de sommeil profond. Sur le long terme, elle peut engendrer une confusion mentale ainsi que des stress corporels.

De son côté, Emmanuel Thilbier, acousticien à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), avance que les nuisances sonores peuvent altérer la fluidification du sang. Elles augmentent ainsi le risque de maladies cardiovasculaires et d’AVC et entraînent des difficultés d’apprentissage.

À Paris, les autorités entendent bien contenir ce problème. La ville a ainsi déployé une brigade spécialisée composée de 35 agents qui réalisent un contrôle antibruit chaque jour. Elle prévoit d’augmenter leur nombre à des centaines dans les mois à venir.

Des capteurs expérimentaux seront par ailleurs mis en place dans le 15ème arrondissement, rue Frémicourt, et dans le 8ème arrondissement, rue Courcelles. Et d’ici deux ans, des radars acoustiques seront installés.