Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université Rutgers au New Jersey (États-Unis) vient de mettre l’accent sur les dangers de la conduite de moto en zones urbaines, qu’il s’agisse d’un véhicule urbain ou d’un modèle tout-terrain. Le premier s’avère même plus dangereux, impliquant un taux de mortalité plus élevé.

La moto est le moyen de transport le plus dangereux en ville, selon une étude réalisée par des chercheurs américains et publiée dans The Journal of Surgical Research. Pour arriver à de telles conclusions, ils ont analysé les cas de 1 556 patients.

Ceux-ci ont été reçus dans un centre de traumatologie de Camden, au New Jersey, de 2005 à 2016, suite à un accident avec une moto urbaine ou tout-terrain. Le sinistre a eu lieu sur des routes pavées en banlieues, en centre-ville ou sur de grands axes routiers.

Les résultats montrent que les interventions chirurgicales sont plus fréquentes chez les motards urbains. Le taux de mortalité associé aux motos urbaines est également élevé.


Le casque est loin de pouvoir protéger le conducteur

Le taux de mortalité relevé dans le cadre de cette étude montre une différence notable entre les motos urbaines et les modèles tout-terrain. Il est de 4,7 % pour les motards urbains, contre 0,9 % pour les utilisateurs de véhicules tout-terrain.

L’âge plus avancé des conducteurs de motos urbaines peut expliquer cet écart. C’est ce qu’opine Christopher Butts, superviseur de cette étude et chirurgien traumatologue à l’École de médecine Rutgers Robert Wood Johnson. La moyenne étant de 39 ans pour les motards urbains, contre 26 ans pour les utilisateurs de motos tout-terrain.

Il ajoute également la vitesse comme un second facteur pouvant être à l'origine de ce taux de mortalité élevé. Il a ainsi émis l’hypothèse selon laquelle les motos ont roulé à des vitesses plus élevées au moment où les accidents se sont produits.

En tout cas, le taux de mortalité des conducteurs de deux-roues urbains peut surprendre. En effet, 90 % d’entre eux portaient un casque au moment de l’accident. Ce qui n’a pourtant pas empêché les décès et les blessures.

Selon les chiffres avancés par cette étude, 54,2 % des motards urbains accidentés ont eu besoin d’une intervention chirurgicale d’urgence. Au niveau des conducteurs de motos tout-terrain en revanche, seuls 45,9 % ont admis en service chirurgical suite à un accident.


Les véhicules tout-terrain sont aussi dangereux que les motos urbaines

En dépit des différences relevées, les chercheurs américains soulignent que les modèles tout-terrain présentent autant de risque que les motos urbaines. Le non-respect du port de casque reste ainsi un comportement dangereux, susceptible d’augmenter le risque de blessures graves.

Par ailleurs, en cas de blessures dans une collision alors qu’il n’a pas porté de casque, le motard ne sera pris en charge par son assurance moto que s’il a souscrit la garantie personnelle du conducteur. En outre, son assureur peut décider de lui accorder une indemnisation réduite.

Dans le cadre de cette étude, le port de casque a été constaté chez seulement 39 % des utilisateurs de motos tout-terrain. Les chercheurs attirent ainsi l’attention sur l’intérêt de cet équipement de sécurité pour ces derniers, malgré un taux de mortalité peu élevé.

D’ailleurs, ces conducteurs sont souvent victimes de blessures au niveau du visage. Ce qui pourrait s’expliquer par l’absence de casque.

Pour autant, le niveau de gravité des blessures est en général identique chez les conducteurs de véhicules tout-terrain et les motards urbains. Les chercheurs espèrent ainsi pouvoir créer une prise de conscience chez les sujets concernés.

Ce type d’étude peut également aider les professionnels de santé à mieux comprendre les risques et les accidents qui surviennent. Ils seront alors capables de proposer par la suite de meilleurs soins, dans un contexte où de plus de plus de conducteurs choisissent d’utiliser les motos tout-terrain en zones urbaines.