L’Association des Constructeurs Européens de Motocycles (ACEM) veut instaurer un contrôle technique obligatoire des motos dans tous les états membres de l’UE. Cette mesure est inscrite dans son plan « The Safe Ride to the Future 2.0 », qui couvre différents volets, dont la sécurité, la formation, ou encore la technologie.

Un CT obligatoire pour les motos

Représentant les constructeurs d'engins à deux ou trois-roues en Europe, l'ACEM vient de publier sa stratégie, formalisée dans un document intitulé « The Safe Ride to the Future 2.0 ». Elle y recommande ainsi

L'instauration d'un contrôle technique régulier pour les motos au même titre que les voitures.

Avec une obligation de révision et d'entretien ou de réparation généralisée, elle estime que

L'identification des motos potentiellement dangereuses pour leur conducteur et pour autrui serait simplifiée.

L'objectif de la mesure est d'améliorer la sécurité sur les routes en évitant au maximum les accidents non responsables.

L'idée n'est pas nouvelle. Le projet européen prévoit déjà un contrôle technique pour les deux-roues, mais chaque pays décide librement de sa mise en place en fonction de son taux de mortalité routière.


L'instauration du CT moto en France face à différents défis

Cette nouvelle contrainte potentielle n'est évidemment pas du goût des motards. En France, ces derniers affichent un nombre d'accidents de la route en baisse, quand l'accidentologie est en hausse pour d'autres catégories d'usagers. Ils soulignent également que selon le rapport MAIDS 2.0,

Seul 0,5 % des accidents impliquant un deux-roues à moteur ont été causés par une défaillance technique.

Les adeptes des motos mettent en avant une révision plus fréquente, puisqu'elle est effectuée tous les 6?000 km ou à un rythme bisannuel, au lieu de 30?000 km pour les voitures. En outre, conscients de ne pas bénéficier de la protection de la carrosserie, les motards tendent à être plus pointilleux en matière de maintenance de leur engin, dont l'accès aux éléments mécaniques est par ailleurs plus aisé. Ces derniers considèrent par conséquent le contrôle technique comme une dépense supplémentaire superflue, alors que l'assurance moto et les équipements nécessitent déjà un budget conséquent.

En France, un double défi, financier et humain, doit être relevé pour que le CT moto soit effectif.

D'une part, il faut investir dans du matériel adapté, et d'autre part, les contrôleurs doivent suivre une formation spécifique. Or, il faut pouvoir amortir ces dépenses, exercice complexe au vu du nombre de motos comparé avec celui des automobiles.