Paris a récemment effectué les premiers contrôles sonores des motos et des scooters circulant au sein de l’agglomération. À travers cette opération, les autorités locales veulent contribuer au renforcement de la réglementation sur le bruit émis par les véhicules dans les villes. La mairie a d’ailleurs prévu des amendes pour décourager les motards qui envisagent d’ignorer cette nouvelle mesure.

Afin d’améliorer le cadre de vie de ses habitants, Paris s’est efforcée d’assainir l’air à travers différentes mesures concrètes. Depuis peu, la ville lutte également contre les bruits émis par les motos et les scooters.

Elle a donc mis en place de nouveaux contrôles visant à limiter les nuisances sonores provoquées par ces véhicules. De nombreux habitants se sont d’ailleurs plaints de ce problème auprès de la mairie.

Les deux-roues les plus bruyants peuvent désormais être verbalisés par les agents de la ville de Paris. Ces derniers ont en effet repris une partie des attributions des policiers de la préfecture. De plus, ils disposent actuellement de sonomètres de dernière génération.


Un vaste programme contre les nuisances sonores

En raison des plaintes récurrentes des habitants, la mairie de Paris a envoyé une lettre au ministère concerné pour modifier la réglementation sur les émissions de bruits des véhicules motorisés. La requête a été rédigée par les conseillers de la ville, Aurélie Solans, déléguée à l'environnement, et Christophe Najdovski, adjoint aux transports.

Les deux élus ont récemment adressé leurs réclamations à Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique. Ils demandent notamment une mise à jour de l’arrêté datant de 1985 qui prévoit une tolérance de 5dB durant les contrôles.

D’autre part, Paris réclame une révision des niveaux d’émissions sonores autorisés inscrits sur les cartes grises. Ses élus considèrent en effet que les seuils définis sont encore excessifs.

Pour les grosses cylindrées par exemple, la limite est fixée à 80 dB selon la directive européenne. Pourtant, certains modèles bénéficient d'une autorisation allant jusqu’à 90, voire 100 dB.

Comme le soulignent les élus de la ville :

« Pourriez-vous nous préciser pour quels motifs ces dérogations ont été accordées et si le gouvernement compte y mettre fin ? »

Dans la lettre adressée au ministère, la capitale se porte par ailleurs volontaire pour tester les radars antibruit prévus par la nouvelle loi sur les mobilités. Actuellement, elle est déjà équipée de capteurs sonores grâce à une collaboration avec l'association Bruitparif.

Baptisés « méduses », ces dispositifs peuvent être utilisés en tant que radars antibruit lors de contrôles automatisés avec sanction.


Enfin, cette lutte contre les bruits ne se limite pas aux pots d’échappement. Dans le cadre de ce programme, la ville a notamment réussi à réduire le volume des nuisances sonores de 2 dB grâce à la rénovation d’une partie du bitume du périphérique.

Récemment, la mairie a aussi lancé des expérimentations sur une nouvelle génération d’asphalte dans le XVe, au niveau des rues Courcelles, Lecourbe et Frémicourt.

Des charges supplémentaires pour les conducteurs de deux-roues

Outre le coût de l’entretien et de l’assurance deux roues, les motards français risquent désormais de s’exposer à de nouvelles dépenses, s’ils ne font pas attention aux bruits émis par leurs véhicules. En effet, Paris a prévu des amendes de 90 euros pour les motos ou les scooters trop bruyants.

Officiellement, les deux-roues circulant en France sont soumis à des plafonds de décibels, variant en fonction du modèle et de la cylindrée. Par exemple, une moto atteignant les 105 dB à 6 000 tours/min sera immédiatement pénalisée si sa carte grise indique un seuil de 85 dB.

Par ailleurs, la sanction peut encore doubler si certaines pièces, comme le pot d’échappement, ne sont pas d’origine. Dans ce cas, le conducteur devra payer une deuxième amende du même montant.


Le motard peut aisément passer le contrôle en restant en deçà du seuil maximal indiqué sur la carte grise. De plus, les agents de la ville prévoient une marge d’erreur de l’ordre de 5 dB environ.

Toujours est-il que les utilisateurs de deux-roues tiennent à souligner l’aspect sécuritaire du bruit. En effet, ces signaux sonores permettent de se faire détecter plus facilement sur les routes.

Mais d’après la conseillère de la ville déléguée à l'environnement, Aurélie Solans :

« Le bruit a des effets sur la santé : troubles de l'audition, du sommeil, retard dans le développement cognitif des enfants, maladies cardiovasculaires. Plusieurs études l'ont démontré. Le bruit, c'est jusqu'à 11 mois d'espérance de vie en moins à Paris ».

La conseillère municipale déplore la nonchalance des Français vis-à-vis de ce problème affectant le cadre de vie et la santé des habitants des agglomérations. Elle note :

« Le seuil de l'OMS, c'est 65 dB. Comme pour la qualité de l'air, on ne respecte pas ces seuils ».