Afin de diminuer le nombre d’accidents impliquant les deux-roues motorisés dans l’Hexagone, les autorités prévoient d’ici deux ans de rendre obligatoire la visite technique pour ces moyens de locomotion. À noter que la France est l’un des rares pays de l’UE à avoir refusé l’application de la directive européenne relative à cette mesure de sécurité après sa mise en place en 2007.

Une décision très contestée

La raison pour laquelle le dispositif n’est pas encore validé par la France alors qu’il est en place depuis plus d’une dizaine d’années est qu’il fait l’objet de nombreuses critiques de la part des associations de motards dès sa proclamation.

Une réforme était décidée il y a cinq ans pour une application en 2017, mais les associations de défense des utilisateurs de deux-roues s’y sont farouchement opposées.

La porte-parole de l’un de ces organismes avait déclaré à BFMTV que

Les motards ont intérêt à entretenir rigoureusement et régulièrement leurs engins, car il en va de leur vie.

Elle a rajouté que

Seulement 1 % des accidents de deux-roues sont causés par des défaillances techniques et qu’ils sont bien couverts par leurs assurances.

Pour rappel, tout comme l’assurance auto, l’assurance deux-roues est obligatoire.

Un dispositif difficile à mettre en place ?

Jusqu’ici, les deux-roues à moteur n’étaient pas concernés par le contrôle technique. Si le dispositif entre en vigueur, ils devront être présentés pour vérification tous les deux ans. Les points de contrôle se concentreront sur la direction, le freinage, les liaisons au sol, les équipements, la pollution, etc.


La FFMC remet en question la faisabilité de cette initiative en pointant du doigt l’insuffisance d’infrastructures de contrôle technique bien équipées ainsi que la rareté des clients.

Une mesure évitable ?

Afin d’être en conformité avec la législation européenne, la France devra pourtant se soumettre à cette mesure à moins de pouvoir prouver que des actions de sécurité routière efficaces ont été mises en place pour faire reculer l’accidentologie des deux-roues motorisés.

Déjà, la limitation de la vitesse à 80 km/h a eu un impact majeur sur le nombre d’accidents. Les chiffres de la Sécurité routière en janvier 2020 font en effet état d’une baisse de -2 % de la mortalité motocycliste. Mais est-ce suffisant pour ne pas appliquer l’obligation du contrôle technique ?