Depuis quelques semaines, la communauté des deux-roues parisienne bruisse de rumeurs selon lesquelles la Ville Lumière utiliserait des scooters « radar » pour traquer les incivilités au volant et les excès de vitesse. En réalité, ce dispositif innovant remplit une autre fonction : contrôler le stationnement dans les rues de la capitale.

La municipalité de Paris envisage de facturer le stationnement des motos dans les rues depuis 2016. Mais le projet s'est toujours heurté, soit :

  • Aux représentants des deux-roues ;
  • À un manque de volonté politique ;
  • À des problèmes techniques liés au système FranceConnect.

La nouvelle administration de la capitale a placé ce projet parmi ses priorités et elle est arrivée à ses fins : à compter du 1er septembre, les deux-roues devront s'acquitter de forfaits de stationnement pour pouvoir se garer à Paris et dans les zones 1 et 2. Pour mieux contrôler cette nouvelle organisation, la ville mise sur des scooters d'un nouveau genre.


Un moyen de contrôle plus mobile et plus productif

Les scooters « radar » déployés par la ville de Paris ne sont pas vraiment inédits. La municipalité utilise ce dispositif depuis 2017, pour contrôler les infractions de stationnement des automobilistes. Personne n'imaginait à l'époque que ce même équipement servira plus tard à contrôler d'autres infractions, telles que le défaut de stationnement des deux-roues ou l'absence d'assurance moto. Le système s'appelle ScanGenius. Il a été conçu et développé par Arvoo, une entreprise néerlandaise spécialisée dans les matériels et les logiciels de reconnaissance de plaques minéralogiques.

Cette société travaille avec les autorités de plusieurs grandes villes européennes, dont Paris.

Dans la capitale, les scooters dotés du « ScanGenius » sont exploités par la compagnie privée Moovia.

Le dispositif en question repose sur six caméras, qui scannent et décryptent les plaques minéralogiques des voitures en stationnement. En cas d'infraction, comme le non-paiement du forfait ou un parcage non réglementaire, le boîtier supérieur capture une photo du véhicule contrevenant. Cette image servira de preuve à l'infraction, au cas où le propriétaire ou le conducteur contesterait les faits.

L'installation du ScanGenius sur une moto présente plusieurs avantages, dont le plus important reste la mobilité. L'opérateur de Moovia peut se faufiler plus facilement dans les rues de la capitale et contrôler plus d'infractions de stationnement qu'un agent à pied… ou une voiture, tributaire des congestions urbaines.

Une surveillance limitée aux infractions de stationnement

Le fonctionnement du système ScanGenius est détaillé sur le site de l'entreprise Arvoo. Cela n'a pas empêché les internautes de véhiculer des rumeurs, accusant la ville de Paris de vouloir traquer à tout prix les infractions routières. Mais le scooter opéré par Moovio se contentera de scanner les véhicules et les deux-roues en stationnement. Sa technologie de surveillance n'est pas conçue pour vérifier la vitesse de voitures en mouvement.

Le déploiement du système ScanGenius est compréhensible, compte tenu des infractions de stationnement associées aux motos thermiques en circulation dans la capitale. En 2018, Paris rapporte 34 321 mises en fourrière de deux-roues, un chiffre qui ne cesse de grimper. Entre le 1er janvier et le 1er août 2021, les conducteurs de deux-roues ont reçu 233 000 verbalisations pour stationnement.