La nouvelle semble passée inaperçue en France, où l’attention médiatique était concentrée sur la pandémie de coronavirus qui y sévissait depuis plusieurs semaines. Au début du mois de mars, une proposition de loi portée par une dizaine de parlementaires Les Républicains, et visant à rendre obligatoire le port de bottes certifiées CE pour les conducteurs de deux-roues, a été soumis à l’Assemblée nationale. Ayant eu vent de ce texte, plusieurs associations de motards, dont la FFMC (Fédération des motards en colère), étaient montées au créneau.

Des chiffres datant de 2009

Ce texte prévoit donc l'obligation du port de bottes certifiées CE pour les utilisateurs de motos, scooters, quads et cyclomoteurs, qu'ils soient passagers ou conducteurs.

En se basant sur un rapport publié par l'Assurance mutuelle des Motards, les parlementaires à l'origine de la proposition de loi soulignent que

Seulement un utilisateur de deux-roues sur dix porte des équipements adaptés pour protéger leurs jambes et leurs pieds.

Ils expliquent également que

Les parties inférieures sont les plus exposées en cas d'accident. Les victimes présentent souvent de graves lésions de leurs jambes et de leurs pieds.

Le projet de loi vise donc à réduire les risques de grave blessure pour les motards. Pour rappel, avec l'assurance deux-roues, ils bénéficient d'une prise en charge financière en cas d'hospitalisation.


La Mutuelle des Motards a immédiatement réagi en pointant du doigt ces chiffres qui sont désuets puisqu'ils datent de 10 ans.

Selon des statistiques de 2016,

9 conducteurs sur 10 sont correctement équipés de bottes ou de chaussures spécifiques.

Sensibilisation plutôt que verbalisation

La Fédération des motards en colère (FFMC) fustige également cette proposition de loi dans le sens où les motards risqueront de se faire pénaliser bêtement parce qu'ils n'ont pas choisi la bonne étiquette pour leurs bottes.

Elle penche plutôt pour une démarche de sensibilisation afin d'encourager le port d'équipements de protection.

Une mesure impossible à mettre en œuvre

Cette obligation rencontre un certain nombre de contraintes en termes de praticité. Déjà, elle concerne aussi bien le conducteur que le passager. À ce titre, elle semble impossible à mettre en place, en particulier pour les motos taxis.

En effet, il serait difficile de trouver des bottes de taille différente pour chaque passager. Or, ceux-ci risqueraient d'être sanctionnés par une amende si la proposition de loi venait à être adoptée à l'Hémicycle.