Depuis le 1er septembre dernier, le stationnement est devenu payant pour les motos et scooters thermiques à Paris. Si cette mesure profite à la filière électrique, elle inquiète cependant les vendeurs et les acteurs de la location des deux-roues thermiques ainsi que les industriels du secteur. L’obligation de mettre la main à la poche pour pouvoir se garer risque en effet de décourager l’utilisation de ces moyens de déplacement.

Modèles électriques, grands gagnants

Déjà impacté par les difficultés d'approvisionnement et de production, le secteur des deux-roues est fortement secoué par les évolutions réglementaires appliquées par la ville de Paris. 5 % des ventes en France sont concentrées sur le marché parisien où le recul des immatriculations est plus accentué (-11 % sur sept mois).

Stéphane Haddadj, concessionnaire moto sur l'avenue de la Grande Armée, a déclaré que

Le coût onéreux et l'insuffisance des places de parking pourraient décourager les éventuels acheteurs. De plus, la réforme censée donner un coup d'accélérateur à la conversion vers l'électrique a peu d'impact sur les ventes des deux-roues électrifiés à Paris .

Si la hausse des immatriculations est de +57 % au cours des sept premiers mois de l'année sur tout le pays (21 108 unités écoulées), elle n'est que de +40 % dans la capitale. Cela s'explique par le fait que la part de marché des deux-roues à batterie y est déjà de 41 %, contre 12 % en moyenne dans le reste de l'Hexagone.

Avec le stationnement payant, l'usage du deux-roues thermique reviendra plus cher aux motards étant donné qu'ils devront aussi s'acquitter de l'assurance moto et d'autres dépenses.


Une offre limitée sur les grosses cylindrées

Dans la catégorie des modèles en dessous de 50 cm3, le passage à l'électrique est sur la bonne voie puisque ceux-ci représentent deux tiers des ventes dans la capitale et un quart en moyenne dans le pays.

La situation est plus compliquée pour les engins de 125 cm3 et plus. Leur part de marché n'est que de 2 % dans l'Hexagone l'an passé. En cause, des prix plus chers que ceux des modèles thermiques et une offre encore insuffisante.

D'après Stéphane Haddadj,

Les fabricants nippons comme Honda et Yamaha ne proposent pas encore de versions électriques.

Thierry Archambault, le président délégué de Csiam, estime par ailleurs que

Fournir une gamme électrique répondant aux besoins des usagers nécessite au moins deux ans. Et le manque d'infrastructures de recharge reste encore un frein ».