En 2018, la France a recensé quatre accidents mortels impliquant des camions-toupies et des deux-roues ou des passants. Les conducteurs de poids lourds ont ainsi mené une campagne de sensibilisation pour endiguer ce phénomène. De son côté, la maire de Paris, Anne Hidalgo, envisage de rendre payant le stationnement des motards. Cette situation inquiète les inconditionnels de deux-roues.

Ces dernières années, les camionneurs sont trop souvent impliqués dans des accrochages avec des cyclistes, des piétons ou des motards. Ainsi, le SNBPE (Syndicat national du béton prêt à l'emploi) a récemment organisé une journée de sensibilisation concernant ce problème à Nîmes, sur l'esplanade Charles-de-Gaulle.

Pendant ce temps, Anne Hidalgo semble revenir sur les promesses faites aux motards. La maire de Paris compte en effet les obliger à payer des frais de stationnement. Il s’agit d’une éventualité non négligeable eu égard à ses propos sur le sujet. Toutefois, la mairie de Paris n’a pas encore pris de mesures concrètes allant dans ce sens.


Champ de vision restreint pour les camionneurs

À Nîmes, sur l'esplanade Charles-de-Gaulle, les camionneurs et les patrons du BTP se sont joints pour faire part de leurs dilemmes quotidiens en matière de sécurité aux passants. Ils ne voient pas nécessairement les piétons, mais ces derniers semblent les ignorer. Selon un chef d'entreprise dans le BTP, Daniel Ogelo :

« Même un gros camion à l'arrêt en plein milieu de l'esplanade n'est pas pris en compte par les gens ».

Au même moment, un piéton a frôlé par mégarde un camion-toupie chargé du SNBPE. Pourtant, ce poids lourd transportait du béton dans sa cuve.

Contrairement à la plupart des automobilistes, les camionneurs doivent circuler avec quatre angles morts, sur les côtés, à l’avant et à l’arrière. Leur champ de vision est en effet très restreint en raison de la spécificité de leur véhicule. De ce fait, les autres utilisateurs de la route devraient s’adapter en conséquence.

Comme l’explique un membre du syndicat Unité Béton, Marc Blanquet :

« Quand ils sont en présence d'un camion, s'il se met en marche arrière, il faut patienter, regarder où il veut aller. À plus d'un mètre de la cabine, le chauffeur peut vous voir. À moins d'un mètre, non. À vous de communiquer avec lui, il vous dira de passer ou non ».

Durant cet évènement, certains conducteurs de poids lourds ont également dénoncé les mauvaises habitudes des deux-roues, comme le dépassement par la droite. Pourtant, les camionneurs ne peuvent pas toujours les voir.


Stationnement payant ?

Outre l’assurance moto, il est fort probable que les dépenses des conducteurs de deux-roues deviennent encore plus importantes à Paris avec la mise en place d’un stationnement payant. En tout cas, cette éventualité a récemment été évoquée par Anne Hidalgo, la maire de la capitale.

Invitée sur le plateau de RTL pour la promotion de son livre « Le lieu des possibles », elle a été interrogée sur la question des deux-roues au sein de la ville.

L’élue a notamment reconnu la nécessité de revoir les mesures concernant ce type de véhicule
. Elle a par ailleurs laissé entendre la mise en place de certaines réformes, dont l’application d’un stationnement payant.

Pourtant, Anne Hidalgo s’était engagée en 2014 à ne pas faire payer les motards pour le stationnement. Elle risque de créer un mécontentement général en revenant sur cette promesse. Cette décision se révèle particulièrement délicate à l’approche des élections municipales.

Dans ce contexte, RTL a tenu à rappeler les informations communiquées par le Journal du dimanche, selon lesquelles 233 000 verbalisations ont été dressées pour stationnement gênant à Paris du 1er janvier au 21 août 2019.

Ce type de pénalité a connu une hausse de 170 % en seulement huit mois
. À titre de comparaison, sur la même période en 2017, 115 000 verbalisations ont été enregistrées.