Éloigner les animaux des violences et trouver une bonne famille d’accueil. C’est la mission que réalisent quotidiennement les enquêtrices de l’association Urgence Maltraitance Animale 44, à Nantes. Cette dernière intervient dans la Loire-Atlantique et en Vendée. Deux départements dans lesquels une centaine de cas de maltraitance ont été relevés en 2020.

Les appels affluent dans les bureaux de l'association à Nantes. Ils proviennent de personnes qui souhaitent dénoncer des cas de maltraitance animale. Commencent alors les investigations, menées par des enquêtrices bénévoles. Ces dernières doivent aller sur terrain pour constater les faits. Elles sont confrontées à divers cas. Parfois des souffrances sont subies parce que les moyens financiers font défaut chez le propriétaire.

À titre de rappel, les compagnies d'assurance animaux offrent différentes prises en charge qui couvrent une partie des soins nécessaires. Si des manquements sont relevés, affectant la vie de l'animal, le propriétaire peut être dénoncé à la justice. Il risque alors de lourdes sanctions.


Des centaines de cas de violences recensés l'année dernière

Encore en 2020, les enquêtrices de l'association nantaise ont dû trouver une famille d'accueil pour 600 animaux victimes de maltraitance. Ces cas ont été répertoriés dans la Loire-Atlantique et en Vendée, où elles sont actives.

Bien entendu, les violences envers les animaux sont punies par la loi. La peine maximale prévue en France est de 2 ans d'emprisonnement et une amende de 30 000 euros. Malheureusement, elle n'est pas toujours appliquée.

D'ailleurs, dans l'urgence, les enquêtrices n'ont pas toujours la possibilité de porter l'affaire devant la justice. L'association a néanmoins le soutien d'une avocate en droit animalier. Agathe Halkovich intervient dans le cadre d'un contrat de bénévolat. Elle lui accorde 10 % de son temps.

L'année dernière, son implication a permis de punir une éleveuse qui a laissé ses animaux enfermés alors qu'elle était partie en vacances. Elle a été sanctionnée par une amende de 2 500 euros. Les animaux ont ensuite été pris en charge par l'association. Certains étaient dans un état déplorable. À un point tel que l'amende n'a pas suffi à couvrir les dépenses pour les soigner.

Un travail qui n'est pas toujours facile

Urgence Maltraitance Animale se fait également épauler par des particuliers. Ces derniers acceptent d'accueillir les animaux de manière temporaire avant qu'ils se fassent adopter. L'association collabore actuellement avec 400 familles, proposant leur aide au titre d'un bénévolat.


Mais comme le soulignent les enquêtrices de l'association, avant le placement, elles doivent procéder suivant des étapes précises. Elles commencent par un état des lieux. Elles doivent obligatoirement voir l'animal et le propriétaire avant de classer l'affaire. Ce qui demande parfois beaucoup de persévérance. En effet, il n'est pas toujours facile de prouver les faits, entre la phase d'observation, les enquêtes de voisinage et la confrontation avec les propriétaires. Les enquêtrices rappellent en outre que la maltraitance est parfois due à une négligence ou un manque de moyens.

Il arrive aussi qu'une personne multiplie les animaux de compagnie qu'elle accueille chez elle, souhaitant les aider. Mais avec le temps, et leur nombre qui augmente, elle ne parvient plus à les nourrir correctement. De même, payer leurs soins chez le vétérinaire devient problématique.