Pour accélérer le dépistage du coronavirus, le projet Cynocov vient d’être lancé. Il implique les chiens pisteurs des brigades canines et des sapeurs-pompiers. Les animaux suivent actuellement une formation basée sur la recherche olfactive. À terme, l’approche permettra une sélection au préalable des personnes infectées avant de leur faire passer des tests RT-PCR.

Avec sa capacité olfactive très poussée, le chien a toujours contribué au pistage. Cet atout du canidé est exploité pour lutter contre la propagation de la principale souche du coronavirus et ses variants. Une collaboration entre le CHU de Bordeaux et Ceva santé animale a permis de mettre en place le projet Cynocov.

Il implique les chiens pisteurs issus des brigades canines et des sapeurs-pompiers de Nouvelle-Aquitaine et de Gironde. Même s'ils sont encore en formation, les résultats font état d'un taux de réussite de plus de 90 %. Face à un tel succès, il est temps d'améliorer la qualité de vie des chiens avec une assurance animaux adaptée.


Détecter des signes de coronavirus avec de la sueur

Formés à pister des explosifs, des dealers ou des signes de cancer, les chiens se servent de leur truffe. Il est donc possible qu'ils détectent la présence du Covid-19 chez des malades et des porteurs sains. Pour y arriver, le Pr Dominique Grandjean de l'École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort a mis en place une approche.

Il s'agit du Nosaïs-Covid-19, une recherche orientée sur la présence de catabolites du SARS-CoV-2 dans la sueur. Les chiens seront capables de différencier l'odeur de la sueur de personnes infectées de celle d'individus en bonne santé.

Cette approche présélective est intéressante, car elle est non invasive. Par ailleurs, seules les personnes identifiées devront faire un test RT-PCR. Dans 95 % des cas, les chiens ont réussi à reconnaître l'odeur des malades via des échantillons.

40 pays sont actuellement en train de tester la méthode. Selon le Pr Denis Malvy, chef du service des Maladies Infectieuses et Tropicales du CHU :

Quand on sait qu'il va falloir faire bientôt du dépistage de personnes a priori asymptomatiques dans toutes sortes d'espaces – écoles, Ehpad, aéroports, ce type d'outils qui offre au moins un critère de suspicion fort, va permettre en termes d'acceptabilité et de réactivité de faciliter ce processus.

Denis Malvy


La méthode Cynocov en pratique

Pour enrichir la mémoire olfactive des chiens, la formation est présentée comme un jeu. La partie consiste à les faire renifler des cônes où sont placées des compresses imbibées de transpiration. Il s'agit de sueurs de personnes malades en début d'infection. La formation a débuté en janvier 2021 sur un site de la Ceva à Libourne.

Les compresses ne contiennent que les matières organiques de dégradation du Covid-19. Ainsi, tout risque d'infection virale est éliminé. Dès qu'ils reçoivent l'ordre de passer aux cônes, les chiens se lancent sur les installations pour détecter les sueurs. Ils réussissent dès lors qu'ils se présentent devant un entonnoir qui contient des échantillons positifs. Chaque effort est récompensé avec un jouet ou une friandise présentés par le maître-chien.

Parmi les races de chien du projet se trouvent le labrador, le berger allemand et le malinois. Plus tard, la brigade canine viendra compléter les tests de Covid-19 en situation réelle. Mais auparavant, il faudra passer par une étude de validation en double aveugle. Une approche où le chien et son maître ne connaîtront pas l'emplacement des échantillons.