Des chercheurs ont récemment démontré que les chats étaient réellement attachés aux personnes prenant soin d’eux. Jusqu’ici, il s’agissait seulement d’une conviction des amateurs de félin. Les scientifiques ont désormais réussi à le prouver. Ces animaux ont par ailleurs tendance à développer des traits de comportement similaires à ceux de leurs propriétaires.

En 2018, environ 700 000 chats ont été identifiés sur l’ensemble du territoire français. En dehors des chiens, ils représentent ainsi les animaux de compagnie les plus nombreux en France.

Pourtant, les capacités cognitives des félins sont généralement méconnues et surtout sous-estimées, comme le confirme une étude récente publiée dans la revue Current Biology.

Les amateurs de chiens et de chats s’affrontent souvent concernant les points forts de leurs animaux domestiques respectifs. La plupart du temps, les détracteurs des félins leur reprochent d’être trop détachés et indisciplinés. D’ailleurs, ils semblent même être les maîtres de leur propriétaire, plutôt que l’inverse.

Plus que de simples fournisseurs de nourriture

Pour démontrer leurs hypothèses, des chercheurs de l’université d’Oregon ont mené des expériences avec 70 chatons âgés de 3 à 8 mois et les humains prenant soin d’eux d’habitude.


Le protocole a consisté à placer le félin dans une nouvelle pièce pendant deux minutes avec son maître. Il est ensuite laissé seul pendant deux minutes. Les deux participants sont enfin réunis pour deux autres minutes.

Comme lors de tests avec des enfants ou des chiens, la réaction des chats a été classée en deux catégories distinctes : attachement sécure et attachement insécure.

Au terme de ces exercices, les chercheurs ont constaté que 65 % des chatons étaient moins stressés au retour de leur maître. Ils cherchaient le contact et étaient capables de reprendre assez rapidement un comportement exploratoire. Il s’agit d’un signe caractéristique d’un attachement sécure.

En revanche, 35 % du panel présentaient les symptômes d’un attachement insécure. Ils étaient plus stressés et recherchaient la proximité de façon excessive dans 84 % des cas. Les chatons pouvaient aussi adopter un comportement de fuite (pour 12 % des participants) ou un mélange des deux réactions (4 % des cas).

Une fois établi, l’attachement sécure tend à persister dans le temps, indépendamment de la durée de l’entraînement ou de l’exposition du félin à la sociabilisation avec l’espèce humaine.

Selon les chercheurs américains, ce phénomène suggère l’intervention de paramètres héréditaires dans le tempérament de l’animal, ainsi que la nature et la stabilité de son attachement.


Ainsi, le lien affectif des chats pour l’Homme et les autres espèces s’est progressivement développé sur plusieurs millénaires depuis la domestication de ses ancêtres sauvages. Cela dit, ces félins sont encore considérés comme des animaux semi-domestiqués en raison de leur tempérament.

Des animaux capables d’attachement

Le succès rencontré par l’assurance chat témoigne de l’affection portée par leurs propriétaires à ces animaux domestiques. Ces derniers, en revanche, ne semblent pas s’en préoccuper. Ils sont ainsi réputés être distants et peu affectifs.

À l’instar des chiens errants, les chats vivant dans les mêmes conditions sont effectivement des espèces sociales facultatives. Ils peuvent vivre seuls ou en groupe selon la disponibilité des ressources et les pressions environnementales.

Le meilleur ami de l’Homme, de son côté, a longtemps été reconnu pour sa capacité à développer des relations interespèces. Il est parfaitement en mesure de mener une existence épanouie au milieu des groupes humains.

Toutefois, selon l’équipe de chercheurs de l’université d’Oregon, les chats peuvent aussi faire preuve de la même flexibilité sociale que celle observée chez les canidés.

Dans le cadre de leur étude, les scientifiques américains ont démontré que les chats présentaient également les traits sociaux jusque-là associés aux humains et aux chiens. Ce constat suggère que les félins présentent des dispositions aux attachements interespèces et sont dotés de capacités sociocognitives similaires aux deux autres espèces.


Les félins domestiques actuels sont issus d’une espèce sauvage couramment appelée chat ganté (Felis silvestris lybica).

Selon les spécialistes, les ancêtres sauvages des chats sont probablement entrés dans l’habitat humain en suivant les souris jusqu’aux stocks de céréales des premiers agriculteurs. Ces derniers ont ainsi découvert un nouvel allié contre les rongeurs et l’ont retenu en mettant de la nourriture à sa disposition.

Autrement dit, la domestication des chats date vraisemblablement d’avant les premières traces archéologiques découvertes en Égypte (3 600 à 3 800 ans avant l’ère chrétienne) ou dans le Levant (littoral oriental de la mer Méditerranée).