Après une morsure de serpent venimeux, les chats présentent généralement plus de chances de survivre que les chiens. Il s’agit toutefois d’une simple observation, sans aucun fondement scientifique. Ainsi, une équipe de chercheurs australiens a récemment mené des études pour comprendre ce phénomène. L’explication est à la fois d’ordre physiologique et comportemental.

Les souscripteurs d’assurance chat peuvent se réjouir des résultats d’une étude récente, selon laquelle les félins domestiques sont plus résistants au venin de serpent par rapport aux chiens. Ces travaux ont été publiés dans la revue scientifique Comparative Biochemistry and Physiology Part C : Toxicology & Pharmacology.

Basés à l’université du Queensland (Australie), les auteurs de l’étude ont découvert que les chances de survie suite à une morsure de serpents venimeux étaient deux fois plus élevées pour les chats par rapport aux chiens. Selon les scientifiques, ce phénomène s’explique notamment par la grande différence entre la vitesse de coagulation du sang des deux espèces.

Des comportements qui accélèrent les effets du venin

Outre les réactions physiologiques provoquées par le venin, les scientifiques australiens ont noté des facteurs aggravants dans le comportement des animaux de compagnie. Ces habitudes ont tendance à augmenter le taux de létalité des morsures de serpent pour chaque espèce.


En général, les chiens utilisent leur museau pour découvrir leur environnement. Cette zone particulièrement vascularisée est donc la première à être exposée aux morsures de serpent. De ce fait, la propagation du venin dans le système sanguin est plus rapide chez les canidés.

Les chats, de leur côté, se servent davantage de leurs pattes pour l’exploration. Logiquement, les risques de morsure sont plus faibles. En effet, il est plus facile de retirer rapidement une pâte qu’une tête en cas de danger ou de mouvement suspects. De plus, ce point d’entrée est relativement moins dangereux pour le système sanguin.

D’autre part, d’après le Dr Brian Fry, coauteur des travaux cités :

Les chiens se révèlent par ailleurs généralement plus actifs que les chats, ce qui est loin d’être le plus indiqué après une morsure, la meilleure pratique consistant à rester aussi immobile que possible pour ralentir la propagation du venin.

À travers cette étude, les chercheurs australiens visent à informer les professionnels de la santé animale sur le temps de réaction nécessaire en cas de morsure de serpent. Les chats leur laissent notamment un léger sursis, contrairement aux chiens. Les effets du venin sont en effet plus rapides chez ces derniers. Ils risquent donc de mourir très vite en l’absence de traitement.

Une substance qui affecte la coagulation

Chaque année, de nombreux chats et chiens dans le monde se font mordre par des serpents. Ces incidents peuvent parfois entraîner la mort de ces animaux de compagnie. Comme l’explique le Dr Brian Fry :

Cela est principalement dû à une maladie appelée coagulopathie de consommation induite par le venin, où l’organisme d’un animal perd sa capacité à faire coaguler le sang, ce qui entraîne une hémorragie fatale.

Le serpent brun, à lui seul, est impliqué dans près de 76 % des cas de morsures enregistrés annuellement en Australie, selon les chercheurs. Ces derniers ont constaté un taux de survie de 31 % pour les chiens mordus par cette espèce et non traités à l’antivenin.


Le pourcentage augmente à 66 % pour les chats, soit plus du double de la proportion observée chez les canidés. Les chances de survie se révèlent encore plus élevées chez les félins après l’administration d’antivenin.

Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont comparé les effets du venin d’une dizaine de serpents sur le mécanisme de coagulation sanguine des chiens et chats. Cette étude s’est notamment focalisée sur les réactions à la substance toxique au niveau du plasma de ces animaux.

Selon les expériences menées en laboratoire, le venin de serpent a généralement agi plus vite sur le plasma des chiens que sur celui des chats ou même des humains. Les canidés se révèlent donc plus vulnérables en raison de la sensibilité de leur système de coagulation.