Récemment, de nombreux Chinois ont abandonné leurs animaux de compagnie par peur du nouveau coronavirus. Or, selon l’OMS, il n’existe aucune preuve indiquant que cet organisme pathogène soit transmissible d’un animal domestique à l’être humain et inversement. De ce fait, les propriétaires de chiens et chats ne devraient pas craindre une éventuelle contamination à travers leurs compagnons à quatre pattes.

En dépit de la gravité de l'épidémie actuelle en Chine, les souscripteurs d'assurance chat ne devraient pas avoir peur d'être contaminés par leur félin. En effet, le Covid-19 ne semble pas infecter les animaux de compagnie d'après l'Organisation mondiale de la santé. Ainsi, la multiplication des abandons d'animaux en Chine est tout à fait injustifiée.

Soulignons que le nouveau coronavirus compte actuellement plus de 1 100 victimes, affectant pas moins de de 45 000 personnes aux quatre coins du globe. L'apparition de la psychose est ainsi compréhensible, surtout avec le renforcement de la piste de son origine animale. Toutefois, la barrière des espèces empêche ce pathogène de passer de l'humain à l'animal.

Des précautions nécessaires

Malgré ces explications fournies par l'OMS, il ne faut pas croire que les animaux de compagnie sont naturellement épargnés par les coronavirus. En effet, ce terme englobe toute une famille de virus pouvant toucher différentes espèces.


Certains pathogènes sont d'ailleurs assez courants chez les animaux de compagnie, à l'instar du FCoV (coronavirus félin) provoquant la péritonite infectieuse féline ou du CCoV (coronavirus entérique canin). Toutefois, ces virus se transmettent seulement d'un animal à un autre. De plus, ils n'ont aucun lien avec l'épidémie sévissant actuellement dans le monde.

Comme l'explique le Dr Laurent Masson :

Le chat, le chien et le furet peuvent être atteints par des coronavirus appartenant au type 1 qui provoquent des troubles digestifs. Mais, il ne s'agit pas du même virus que celui qui se propage en ce moment dans le monde depuis la Chine.

L'OMS conseille néanmoins de se savonner les mains et de les rincer avec de l'eau après un contact avec des animaux de compagnie. Cette précaution protège des différents types de bactéries pouvant être transmises par l'espèce animale (E.coli, Salmonella, etc.).

Un virus non transmissible par les animaux de compagnie

Même si la barrière des espèces existe, quelques rares épidémies ont dépassé cette protection naturelle. À titre illustratif, le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) de 2002 est d'origine animale. Le MERS-CoV (coronavirus du Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient) de 2012 est également classé dans la même catégorie.

Concernant le Covid-19, les scientifiques ont retracé son origine jusqu'au marché de poisson de la ville de Wuhan où des animaux sauvages sont vendus illégalement. Les pistes privilégiées par les chercheurs sont celles du pangolin (« réservoir animal ») et de la chauve-souris (« hôte intermédiaire). Ces hypothèses ne sont toutefois pas encore confirmées pour l'instant.


Si les recherches convergent majoritairement vers une zoonose, c'est-à-dire une maladie d'origine animale et transmissible à l'humain, aucune contamination impliquant des chats et des chiens n'a été constatée jusqu'à présent. La situation était d'ailleurs assez similaire à celle observée en 2002, avec le Sras.

Selon l'infectiologue Anne-Claude Crémieux :

Le Sras a été isolé chez des animaux sauvages, les civettes, vendus sur les marchés chinois, mais pas chez des animaux domestiques.

De plus, pour qu'un animal domestique puisse être infecté par le Covid-19, puis contaminer un être humain, le virus devra franchir la barrière inter-espèce deux fois : d'une personne infectée à l'animal, puis de l'animal à un autre individu. Cela est pourtant peu probable.