De nombreux éleveurs misent dorénavant sur la farine d’insectes pour nourrir les animaux des fermes. Cette denrée est en effet plus abordable et très nourrissante. Dans ce contexte, des entrepreneurs français ont fondé une grande usine d’élevage de mouches soldats à Nesle (80). Au final, larves et vers viendront enrichir la chaine d’alimentation animale.

Dans la nature, les insectes constituent un maillon essentiel de la chaine alimentaire. Dans le Jura, Ynsect s'en inspire pour produire des vers de farine. Innovafeed, de son côté, s'oriente vers les larves de mouches dans les Hauts-de-France. Les produits finis sont des farines d'insectes particulièrement riches en protéines.

Aujourd'hui, ces denrées novatrices sont déjà exploitées pour nourrir les volailles et les poissons. Cette petite révolution concernera bientôt les chiens et les chats. Pourtant, les spécialistes reconnaissent les risques sanitaires liés aux farines animales depuis l'épisode de la vache folle. À défaut de maîtriser les ingrédients des croquettes, il vaut mieux tout prévoir avec une assurance animaux adaptée.


Les animaux nourris aux insectes se portent mieux

À Nesle, dans la Somme, l'entreprise Innovafeed envisage de produire 10 000 tonnes de farines d'insecte par an. Dans cette optique, la startup a récolté 60 millions d'euros d'investissement afin d'aménager 25 000 m² d'élevage d'insecte. L'usine établit, par là même, le record du monde dans son secteur d'activité.

Pour justifier ses ambitions, la société souligne la rentabilité de ces solutions pour les industries d'élevage. La farine d'insectes est effectivement facile à produire. Elle génère donc un coût d'exploitation plutôt raisonnable. Enfin, les besoins en énergie sont minimes, permettant ainsi de respecter l'environnement. Avant de se lancer, Clément Ray, le cofondateur d'Innovafeed confie :

On a réalisé énormément d'études qui ont montré que des truites, des saumons, des crevettes, des poules, des porcelets nourris avec des protéines d'insectes étaient en meilleure santé, avaient de meilleurs taux de survie.

Les farines d'insectes permettront à terme d'améliorer les sources d'alimentations des consommateurs. En effet, les animaux seront nourris avec des produits garantis naturels et sains. Cette initiative contribuera également à préserver la biodiversité.

8 milliards de dollars de chiffre d'affaires attendus sur le marché mondial de l'élevage d'insectes

Anticipant la pénurie de matières premières, les producteurs de nourriture animale s'intéressent désormais aux potentiels des insectes. Ainsi, le marché mondial d'élevage de mouches et larves hyperprotéinées représentera environ 8 milliards de dollars en 2030. Ce secteur porteur attire aussi les jeunes pousses.


Ynsect et Ynnovafeed produisent respectivement des farines de larves de mouches et de ténébrion meunier (vers de farine). Le volume annuel de produits finis s'élève actuellement à 110 000 tonnes pour les deux startups. Toutefois, cette quantité est loin d'être suffisante par rapport au besoin réel. À lui seul, l'élevage de poisson nécessite chaque année 120 000 millions de tonnes de nourriture.

Pour Ynsect, les études de faisabilité ont été convaincantes. Les insectes ont ainsi réintégré la chaine de production agricole, agroalimentaire et économique depuis une dizaine d'années. D'autre part, des mentions spécifiques sont prévues pour les produits comme les poissons nourris aux farines d'insectes. Cette mesure permettra de rassurer les consommateurs. Enfin, la démarche résolument plus écologique contribuera à démocratiser le procédé et à limiter les réticences.