Les femmes seraient-elles plus exposées à la maladie de Lyme ?

Le Réseau Sentinelles et Santé publique France ont récemment annoncé une augmentation notable du nombre de personnes affectées par la maladie de Lyme sur la période 2017-2018.

Le Royaume-Uni recense également une multiplication des cas sur son territoire. Une équipe de scientifiques britanniques s’est ainsi intéressée aux populations les plus exposées à cette infection liée aux morsures de tiques.

Cette étude a permis de dégager trois principaux profils à risque, à savoir les femmes blanches et aisées, les fillettes de 6 à 10 ans et les femmes de 61 à 65 ans. Les résultats de ces recherches ont été publiés mi-août dernier dans la revue médicale BMC Public Health.


Diagnostic complexe

Jusqu’à présent, le diagnostic reste assez complexe pour la maladie de Lyme. Les premiers symptômes apparaissent généralement dans les 30 jours après la transmission par la tique. Le sujet présente d’abord une plaque circulaire rouge qui s’élargit progressivement autour de la piqûre. Cette lésion cutanée s'accompagne parfois de fièvre et de douleurs articulaires ou musculaires.

Si elle est prise en charge tôt, la maladie disparaît au bout de quelques semaines, ou de quelques mois en fonction de l’état du patient. Entre temps, ses manifestations peuvent varier, incluant parfois une perte de mémoire, un état dépressif, des tremblements et des troubles neurologiques…

Sans traitement, l’affection ne passe pas systématiquement à la phase secondaire. Toutefois, l'absence de prise en charge risque d’aggraver le pronostic. En effet, cette infection peut évoluer et devenir chronique. Elle se diffuse alors dans tout l’organisme.

Dans ce cas, elle risque d’entraîner des complications graves et d’affecter plusieurs organes comme le cerveau ou le cœur.

Selon les informations fournies au grand public par le ministère de la Santé :

« Des mois à des années après l’infection peuvent apparaître des manifestations tertiaires, de type articulaire, cutané, neurologique, musculaire, ou cardiaque ».

Des conditions favorables à la multiplication des cas

Pouvant toucher les chiens, la maladie de Lyme est également un sujet préoccupant dans le secteur de l’assurance animaux. Leur niveau d’exposition équivaut à celui de leur maître. Ainsi, le risque de transmission dépend essentiellement de leurs habitudes et de leur environnement.


Comme l’expliquent les chercheurs britanniques :

« L’association apparente entre l’origine ethnique et la borréliose de Lyme est probablement due à des raisons socioculturelles et comportementales. […] Par exemple, le fait de vivre dans une zone où les tiques vectrices de la maladie ont plus de chances d’abonder ».

Entre 2017 et 2018, le nombre de cas d’infection à la maladie de Lyme est passé de 45 000 à 67 000 en France. D’après le ministère de la Santé :

« Des conditions climatiques favorables au développement des tiques et la sensibilisation des professionnels de santé au diagnostic de cette maladie pourraient expliquer cette augmentation ».

Pour limiter les risques d’infection, les autorités incitent la population à prendre des précautions avant de pratiquer des activités de plein air (répulsifs contre les tiques, vêtements clairs et chapeau, etc.). Il est par ailleurs conseillé d’inspecter les membres de la famille et les animaux domestiques après une promenade.

Un risque lié à des facteurs comportementaux et socioculturels

Pour cette étude, l’équipe du National Institute for Health Research de Londres a observé 2 361 cas de Lyme traités par les hôpitaux de 1998 à 2015, en Angleterre ainsi qu’au Pays de Galle. Ils ont notamment constaté que près de 60 % de ces patients étaient de sexe féminin.

Parmi ces malades, les plus affectés avaient entre 6 et 10 ans ou 61 et 65 ans. Les chercheurs ont également remarqué que 95 % de ces patients étaient de type caucasien. Enfin, durant la période analysée, le nombre de cas le plus élevé a été enregistré dans le sud-ouest de l’Angleterre. Cette région est essentiellement habitée par une population aisée.


D’après les chercheurs, ces résultats s’expliquent notamment par le fait que les femmes blanches et aisées vivent souvent à proximité de champs ou de bois fourmillant de tiques. De plus, elles sont davantage disposées à consulter un médecin, contrairement aux hommes.

Enfin, concernant les tranches d’âges concernées, le phénomène pourrait se justifier par la nature et la fréquence des activités de loisir. En effet, les enfants comme les seniors passent plus de temps en plein air. Ils sont donc plus exposés aux piqûres de tiques.