Il s’avère que les animaux de compagnie et d’élevage sont encore traités de manière inacceptable en France. L’Exécutif a donc pris des dispositions en conséquence, afin d’améliorer les conditions de vie de ces êtres vivants. La démarche consiste notamment à informer le grand public sur ce phénomène et à responsabiliser les familles adoptant des animaux.

89 % des Français sont conscients de l’importance de la protection des animaux. C’est ce que révèle une enquête Ifop datant de janvier 2019. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à souscrire une assurance animaux dans le pays, témoignant ainsi de leur préoccupation pour ces membres de la famille atypiques.

Ces dernières années, le gouvernement a inscrit parmi ses priorités le combat contre la maltraitance des animaux et le développement du bien-être animal. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, a donc présenté en janvier dernier 15 nouvelles mesures à cet effet. De plus, il a insisté sur la corrélation entre le bien-être de l’éleveur et celui de l’animal.

Fin annoncée de certaines pratiques

À partir de l’année prochaine, le gouvernement souhaite empêcher les éleveurs de castrer les porcelets à vif. Le broyage des poussins mâles sera également bientôt interdit en France.


Par ailleurs, l’Exécutif compte durcir les contrôles pour les transports d’animaux dès ce premier semestre. Outre les services officiels, les vétérinaires privés seront également habilités à réaliser ces opérations. De plus, une transgression de la norme européenne en la matière donnera lieu à des sanctions plus sévères.

Dès début janvier 2022, un référent en matière de bien-être animal devra en outre être choisi dans le cadre d’élevages de volailles et de porcs. Celui-ci doit avoir suivi une formation obligatoire dans le domaine. En septembre, l’Exécutif prévoit en effet de renforcer la formation portant sur le bien-être animal au niveau de la filière agricole.

Enfin, les aides publiques seront avant tout allouées aux bâtiments dans lesquels les animaux d’élevage se sentent au mieux, exprimant ainsi leur comportement naturel. L’Exécutif cherche par ailleurs à mieux informer les consommateurs sur les modes d’élevage pratiqués dans le secteur en développant un étiquetage spécifique sur le sujet à l’échelle européenne.

Réglementation insuffisante

Lors d’une conférence de presse organisée en janvier dernier, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a insisté sur le fait que les animaux de compagnie n’étaient pas des produits de consommation comme les glaces. L’Exécutif envisage ainsi de renforcer les dispositions contre l’abandon d’animaux domestiques, notamment par l’extension de l’identification obligatoire aux chats.


Les défenseurs de la cause animale sont assez sceptiques vis-à-vis de cette action entreprise par le gouvernement. En effet, une des mesures préconisées veut que les propriétaires de félins non identifiés soient passibles d’une amende. Si l’animal ne dispose pas de puce ou de tatouage, il sera pourtant difficile, voire impossible, de retrouver son maître.

Certains défenseurs des animaux font par ailleurs remarquer que l’identification est obligatoire dans l’Hexagone depuis 2012, pour les chiens, les chats et les nouveaux animaux de compagnie. Il serait donc plus approprié d’appliquer la loi en vigueur au lieu de surenchérir avec les sanctions.

Dépassés par les abandons, les refuges et les associations de défense des animaux réclament l’instauration de la stérilisation obligatoire en France. Cette mesure drastique permettrait ainsi de maîtriser la population des chats et chiens errants dans le pays.