La Journée mondiale des zoonoses, le 6 juillet dernier, a été l’occasion pour la Belgique de revenir sur la nécessité de limiter la multiplication de ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Ces dernières sont notamment favorisées par le commerce et la consommation de viande d’animaux sauvages. Or, il s’en introduit dans le pays 4,6 tonnes par mois.

Durant des mois, la pandémie de coronavirus a retenu toutes les attentions. Jusqu'en juin 2020, plus de 10 millions d'individus à travers le monde ont été infectés par le Covid-19. Par ailleurs, pas moins de 510 000 personnes en sont décédées. Des cas de contamination de chats et de chiens ont également été rapportés par les médias, ce qui a pu susciter des inquiétudes chez les souscripteurs d'assurance animaux de compagnie.

La chauve-souris fer à cheval est soupçonnée d'être à l'origine de la maladie virale. Eu égard à la multiplication des zoonoses ces dernières années et à leur impact sur la santé et l'économie, des mesures s'imposent.

Des actions concrètes doivent être menées

Le service public fédéral belge en charge des questions de santé publique, de sécurité alimentaire et d'environnement a commandé une étude sur l'importation illégale de viande.


Cette dernière révèle que chaque mois, 4,6 tonnes de produits provenant d'espèces sauvages, parfois protégées, entrent dans le pays au niveau du Brussels Airport. Ils sont apportés par les voyageurs dans leurs bagages. Pour rappel, il est nécessaire de disposer d'une certification adéquate pour importer en Europe de la viande issue d'autres pays.

Une autre étude indique que des traces de bactéries potentiellement dangereuses ont été découvertes sur la viande saisie. Ainsi, l'importation de gibier peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé publique. De plus, elle favorise le commerce de ce type de produit, ce qui risque de se répercuter négativement sur la biodiversité des pays d'origine.

Pour l'heure, les débats sur ces questions n'ont pas conduit à des actions ayant abouti à des résultats probants en Belgique. En tout cas, pour lutter contre le commerce illégal de viande sauvage, certains spécialistes recommandent :

  • Le renforcement des contrôles au niveau des aéroports.
  • Le durcissement des sanctions.
  • Une meilleure sensibilisation des consommateurs.

Certains problèmes doivent être traités en profondeur

La multiplication des zoonoses s'explique essentiellement par le comportement destructeur de l'être humain envers l'environnement. Tout d'abord, la production des aliments résulte d'une exploitation qui précipite la disparition des ressources naturelles. La population mondiale ne cessant d'augmenter, de plus en plus de surfaces doivent être converties à l'agriculture et à l'élevage intensifs.


Depuis 1990, l'être humain a défriché 178 millions d'hectares de forêt. Les contacts avec les animaux sauvages ont donc connu une importante augmentation ces 30 dernières années. Or, ces espèces peuvent véhiculer des agents pathogènes susceptibles d'être dangereux.

Par ailleurs, la demande de gibier sauvage connaît une hausse dans le monde. Les populations en consomment pour couvrir leurs besoins en matière de protéines, mais également pour diversifier les mets culinaires. Ainsi, à l'heure actuelle, le commerce et la consommation de viande d'animaux sauvages représentent une préoccupation majeure pour les autorités qui luttent contre la prolifération des zoonoses. Pour assurer la sécurité sanitaire, il convient de trouver des solutions adéquates à ces problèmes.