Depuis le début de la crise du Covid-19, les internautes ont pu découvrir de nombreuses photos et vidéos d’animaux domestiques portant des masques de protection. À travers cette initiative, les propriétaires pensent empêcher le virus d’infecter leur chien ou leur chat. Il s’agit pourtant d’un accessoire inutile, voire dangereux pour les animaux, d’après les vétérinaires.

Le SARS-CoV-2 a contaminé une dizaine de chats à l'échelle internationale. Les félins semblent particulièrement sensibles à ce virus. Les scientifiques ont également constaté la présence de l'agent pathogène chez d'autres animaux. Pour autant, les souscripteurs d'assurance chien n'ont pas à s'inquiéter selon les autorités sanitaires mondiales.

D'ailleurs, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) a récemment rappelé qu'une éventuelle transmission des animaux vers les humains reste encore à prouver. Ainsi, les chiens comme les chats sont pour l'instant considérés comme de simples hôtes compatibles avec le coronavirus. Ils ont généralement été contaminés par des propriétaires malades ou des porteurs sains.

Une pratique dangereuse

Face à cette tendance récente, les vétérinaires préviennent les propriétaires des dangers représentés par le port du masque chez les animaux domestiques. Ces risques concernent autant les chats que les chiens. Néanmoins, ces derniers sont les plus exposés.


En effet, les masques réduisent l'espace et donc la circulation de l'air autour du museau. De ce fait, les chiens ne peuvent pas haleter et ne sont pas assez ventilés. Par ailleurs, leur principal organe sensoriel est obstrué par cet accessoire. Ils risquent ainsi d'en être privés et de se retrouver désorientés.

Plus généralement, ce type de protection empêche les animaux de boire. La déshydratation est pourtant nocive aux chiens et chats. Certaines races sont également plus vulnérables à cause de leurs caractéristiques physiques, notamment les carlins et les bouledogues.

Comme l'a souligné sur Reader's Digest le Dr Bayley, vétérinaire exerçant aux États-Unis :

Ce n'est surtout pas bon avec les chiens à face plate, car il pourrait être très dangereux de restreindre le flux d'air vers ces chiens.

Une protection superflue

Les cas d'animaux testés positifs au SARS-CoV-2 sont encore relativement rares dans le monde. Par conséquent, la communauté scientifique ne dispose ni des informations ni du recul nécessaire pour se prononcer sur la place des chiens et chats dans la chaîne de transmission du coronavirus.

Selon un avis de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) datant d'avril dernier :

Il n'existe actuellement aucune preuve que les animaux domestiques jouent un rôle épidémiologique dans la diffusion du SARS-CoV-2.

De plus, les chercheurs n'ont recensé aucune contamination provenant des animaux domestiques jusqu'à présent. Autrement dit, il faudra encore démontrer que le virus est capable de traverser la barrière des espèces une seconde fois pour s'inquiéter et envisager des protections contre les animaux.

Pour rappel, les scientifiques s'accordent à dire que cette barrière a été franchie une première fois en Chine, au début de l'épidémie actuelle. Le pangolin et la chauve-souris sont notamment suspectés d'être à l'origine de la transmission de ce nouveau virus aux êtres humains.