De l’autre côté de l’Atlantique, l’euthanasie n’est plus systématique, grâce notamment au renforcement de l’activisme en faveur de la cause animale. D’ailleurs, les mœurs évoluent significativement dans le pays. Pour rappel, la ville de Los Angeles à elle seule a euthanasié près de 110 000 animaux en 1971, cristallisant ainsi la tendance de l’époque.

Avant 2008, un animal entrant dans un refuge aux États-Unis avait de fortes chances de finir euthanasié. En effet, les centres d'accueil utilisaient souvent ces méthodes radicales au 20ème siècle afin d’éviter la prolifération des chiens errants dans les villes et de limiter les risques de propagation de la rage.

Mais les centres d’accueil tendent à abandonner ces pratiques. Il faut dire que les défenseurs des animaux sont légion dans le pays. De plus, les campagnes de sensibilisation en la matière commencent à atteindre la population. Ainsi, les Américains sont de plus en plus nombreux à avoir recours à l’adoption.

Changement d’attitude envers les animaux du fait de l’évolution des mœurs

Les refuges sont confrontés à de nombreux problèmes au quotidien, notamment sur le plan logistique et budgétaire. Comment les lieux d’accueil gèrent-ils tous les animaux accueillis au regard de ces problèmes internes conjugués aux particularités de ces derniers ?


En tout cas, ils sont dans l’obligation de recevoir tous les animaux, indépendamment de leur comportement ou de leur état de santé. Le principal défi consiste à trouver une juste mesure entre la gestion des animaux errants, le contrôle de la surpopulation et des épidémies ainsi que l’euthanasie des animaux dangereux ou malades.

Ainsi, comme l’indique la directrice des initiatives d’Humane Society, Inga Fricke :

« Les refuges ne devraient pas être condamnés pour le taux d'animaux qu’ils tuent s'ils font vraiment ce qu'ils peuvent ».

En tout cas, le nombre d’adoption aux États-Unis a sensiblement augmenté entre 2012 et 2018 selon le New York Times. D’après Matt Bershadker, le président de la Société américaine pour la prévention de la cruauté envers les animaux (ASPCA), recueillir un animal dans un refuge est devenu depuis quelque temps un gage d’honneur.

De ce fait, les Américains sont fiers de se promener dans leur quartier ou dans les parcs avec ces animaux. Ils aiment d’ailleurs témoigner du service rendu aux chiens et aux chats qu’ils ont sauvés d’une mort quasi certaine.

D’autres solutions sont privilégiées

En principe, l’assurance animaux couvre l’euthanasie des chiens ou des chats en fin de vie pour abréger leur souffrance. Parfois, l’acharnement thérapeutique ne fait que prolonger les sensations de douleur liées à une maladie chronique ou une pathologie avec un pronostic létal. La procédure permet ainsi à son animal de compagnie de partir en toute dignité.


Toutefois, il y a encore quelques décennies, cette pratique n’était pas réservée à ce cas de figure aux États-Unis. Selon Humane Society, 25 % des chiens du pays erraient dans les rues dans les années 1970. Les villes du pays euthanasiaient ainsi 13,5 millions d’entre eux chaque année. L’objectif était avant tout de lutter contre la surpopulation de chiens errants et les éventuelles épidémies de rage.

En 2018, ces chiffres ont fortement diminué pour atteindre 2 millions de cas. Le taux a baissé de plus de 75 % à l’échelle nationale, grâce à diverses mesures prises par les autorités. Pour arriver à cette conclusion, le New York Times a recueilli, entre 2012 et 2018, des données provenant des refuges situés dans vingt agglomérations américaines.

Cette tendance peut notamment s’expliquer par l’efficacité des actions des militants anti-euthanasie. Les Américains commencent à être sensibles aux messages des défenseurs de la cause animale. Par ailleurs, les autorités locales privilégient désormais la stérilisation au lieu de supprimer les animaux errants.