Certains chats appartiennent à des personnes qui ont quitté l’île suite à l’épidémie. D’autres ont vécu dans des familles chypriotes qui, frappées par la crise, ont décidé de s’en séparer. Les cas d’abandon se multiplient et les conséquences se font sentir dans les refuges d’accueil. La fermeture des restaurants complique la situation des animaux qui restent dans la rue.

Les cas d'abandon de chats sont en hausse à Chypre. Cela est en grande partie dû à la pandémie du Covid-19 et à la crise économique qui en résulte. Ainsi, pour les propriétaires, les soins et leur alimentation deviennent des charges supplémentaires malgré la couverture offerte par l'assurance animaux. En conséquence, certains d'entre eux décident de s'en séparer.

Dans les refuges d'accueil, on tente d'éviter le pire en les proposant à l'adoption, sur place et à l'étranger. Mais la situation est complexe avec la pandémie et les restrictions concernant les déplacements. Le coût constitue une autre problématique, sachant que les frais pour un voyage à l'étranger sont élevés.


Une île qui compte plus de chats que d'humains

La population de chats dépasserait aujourd'hui celle des humains à Chypre. Ces animaux auraient côtoyé les habitants depuis des millénaires. Les plus anciennes traces de domestication ont été relevées sur l'île. Elles sont encore plus vieilles que celles découvertes en Égypte. En 2004, des archéologues sont même tombés sur une sépulture réunissant un homme et un chat. Elle daterait d'il y a environ 9 500 ans, du temps où un village néolithique était installé sur les lieux.

Aujourd'hui, les autorités cherchent à maîtriser la population féline. Dans ce cadre, un programme de stérilisation a été mis en place. Si les vétérinaires le jugent insuffisant, le ministère de l'Agriculture estime qu'il est efficace. Ce dernier déclare néanmoins que des améliorations sont toujours possibles.

Une hausse de 30 % des cas d'abandons de ces animaux domestiques

Une partie des chats abandonnés appartenaient à des expatriés et des binationaux. C'est ce que révèle la directrice du refuge Tata Cats, situé près de la ville de Paphos. Les propriétaires sont partis sans eux, car voyager avec un animal de compagnie revient cher.

Depuis le début de la pandémie, le nombre d'abandons serait ainsi en hausse. Face à la situation, le centre propose des chats à l'adoption. Il cible aussi bien les Chypriotes que les personnes vivant à l'étranger. Mais le transport reste problématique. Il coûte cher aux associations et les avions se font rares. En outre, à cause des mesures sanitaires, les refuges doivent rester fermés. Cela ne facilite pas les démarches pour les habitants qui souhaitent les accueillir chez eux.

Pour les chats errants, la survie est tout aussi difficile. Avec les restaurants qui sont à l'arrêt à cause du deuxième confinement annoncé le 10 janvier dernier, ils peinent à trouver de la nourriture.