Dans les SPA ou dans les chenils, les enclos se vident de plus en plus dans la région. Pour cause, les gens s’y ruent pour adopter un animal de compagnie depuis le premier confinement de 2020. Toutefois, parallèlement à cette hausse de la demande, certains professionnels pressentent une cascade d’abandons dans le futur.

Dans cette région, le nombre d'animaux adopté a flambé en mars 2020. En témoigne notamment la présidente de la Société de protection des animaux à Montpellier, Annie Benezech. Comparé à 2019, 35 % de bêtes en plus ont trouvé une famille pendant le confinement d'automne 2020, annonce-t-elle. Au cours de celui de printemps, un progrès de 20 % a déjà été enregistré. Cependant, après le troisième trimestre, la demande s'est intensifiée, remarque la responsable.

Dans le Gers, les bénévoles de la SPA d'Ordan-Larroque ont comptabilisé une croissance de 21 % depuis mars 2020. Une situation qui semble s'être produite avec des mesures différentes dans d'autres territoires.


Un phénomène sans pareil

À La Grande-Motte (Hérault), le refuge de l'Arche des animaux recense généralement quelques chats à la recherche d'adoptant. Selon le patron du site, Jean-Marie Rodriguez :

Cela fait huit mois que l'on n'a plus de chats à l'adoption. Pourquoi, comment Je ne sais pas […].

Le même bilan a été établi concernant les enclos destinés aux chiens. Vides depuis mi-mars 2020, ils en abritent pourtant une dizaine d'habitude. Ce qui constitue une situation sans précédent, affirme le responsable. D'après le seul employé des lieux, ils ne disposent plus que de deux chiens de dix-sept et de treize ans. Il explique :

On va les placer en famille d'accueil. C'est rare pour des chiens aussi âgés.

Cette solution leur permet de transférer les charges liées aux besoins des bêtes à la personne qui en aura la garde. Il s'agit entre autres de l'alimentation, une éventuelle assurance animaux, etc. Cependant, l'Arche en conserve la propriété.

Un risque d'abandon d'ici peu

Compte tenu de l'augmentation des requêtes en matière d'adoption, les inquiétudes gagnent les chenils et les associations. À ce titre, Annie Benezech craint une vague d'abandons au cours des mois à venir. À Castres (Tarn), le refuge municipal reste confiant sur la responsabilité de chacun. En revanche, l'Arche des animaux a pris des dispositions. Jean-Marie Rodriguez déclare qu'ils refusent les demandes impliquant des jeunes en proie à une instabilité ou des personnes relativement âgées. Pour cause, le président du site estime :

[…] On sait très bien que ça ne durera pas.

D'ailleurs, une étude publiée le 21 janvier par la SPA semble donner raison à cette allégation. En effet, l'organisme a constaté qu'entre mai 2020 et janvier 2021, les abandons se sont aggravés de 16 %. Un chiffre basé sur les achats de chinchillas, lapins, cochons d'Inde, etc. au premier confinement.

D'après l'association, l'acquisition résulte la plupart du temps d'une décision insuffisamment réfléchie. L'accent a également été mis sur la considération attribuée aux bêtes. Selon la SPA, ils sont vus tels des objets pour satisfaire les besoins des consommateurs et non des êtres vivants.