Dans le royaume scandinave, 56 % des chats sont aujourd’hui couverts par une assurance-santé. Chez les chiens, ce taux monte à 91 %. Des niveaux qui se situent extrêmement loin de ceux observés en France. Dans un territoire où le bien-être animal revêt une grande importance, ces proportions remarquables semblent relativement logiques.

Dans le pays, les vétérinaires préconisent généralement de doter les animaux d'une assurance, d'après Anna Harenius. Une spécialiste du bien-être animal auprès de Djurens Rätt, un organisme suédois de protection animale. Un fort taux de pénétration découle d'ailleurs en partie de la grille tarifaire élevée adoptée par ces praticiens. Selon la défenseuse de la cause des animaux, plusieurs maîtres geignent contre les factures émises par les vétérinaires. Et de préciser qu'il faut compter 50 euros au minimum pour une simple consultation en Suède.

En dehors du côté pécuniaire, un autre facteur explique l'emballement pour cette catégorie d'assurance. Il s'agit de l'importance donnée au bien-être des animaux dans le royaume nordique.


Un pays pionnier dans le secteur

Ce concept a émergé en 1944 à travers une loi, et sa réglementation se révèle très rigoureuse et riche. À titre d'exemple, l'abandon est, depuis 2019, complètement prohibé. Cette loi a aussi endurci les sanctions pénales auxquelles s'exposent les contrevenants. Aujourd'hui, rejeter son animal dans la nature est passible de 2 années d'incarcération.

Par ailleurs, la Suède constitue un précurseur dans le domaine des assurances pour animaux domestiques. La première signature d'une police afférente y remonte à 1890. Celle-ci portait alors sur un contrat élaboré par Agria, la principale compagnie de la filière en Scandinavie. Destiné aux chevaux, celui-ci a engendré en 1924 l'assurance pour chien. Et en 1974, il a débouché sur l'offre dédiée aux chats.

Dans les détails, la proportion de chiens et chats bénéficiant d'une assurance-santé en Scandinavie s'élève à :

  •  91 % pour les canidés ;
  •  56 % pour les félins.

Des chiffres dévoilés par Agria.

La France accuse un retard

Anna Harenius indique que ce décalage se justifie de manière relativement facile. D'après elle :

Les chiens coûtent généralement plus cher que les chats en Suède. Il est aussi obligatoire de les identifier et de les inscrire dans un registre national, donc il est plus commun de les assurer.

Cependant, ces statistiques reflètent en outre un grand écart par rapport à celles enregistrées dans l'Hexagone. À noter qu'en France, le taux d'équipement pour les compagnons canins et félins s'établit à 6 %. Pourtant, les foyers tricolores comptent au total 7,6 millions de chiens et 14,2 millions de chats. Comparativement à d'autres voisins européens, le ratio ci-dessus reste également extrêmement faible. À ce propos, la Grande-Bretagne affiche un ratio de 20 %, et l'Angleterre de 60 %.

Face à ces données, un expert souligne qu'actuellement, l'assurance pour animal de compagnie dégage une très grande rentabilité. Et ce, sur un marché encore insuffisamment exploité. Bon nombre d'assureurs parient sur le futur, qui révèlera à quel point le marché croît, déclare-t-il.