En France, le premier chat porteur du coronavirus a été détecté début mai dernier par des chercheurs de l’EnvA, de l’Inrae et de l’Anses, à proximité de Paris. Un second cas a récemment été découvert à Bordeaux par une équipe de l’école vétérinaire de Toulouse. Les deux ont été contaminés par contact avec des humains testés positifs au Covid-19.

Les souscripteurs d’assurance chat doivent redoubler de vigilance pour protéger leur animal de l’épidémie actuelle, et éventuellement se préserver eux-mêmes. En effet, les félins s’avèrent plus sensibles à cette maladie, contrairement à d’autres animaux comme les canards, les poulets ou encore les porcs. Par ailleurs, les scientifiques ignorent jusqu’à présent si une transmission du chat à l’humain est possible.

En tout cas, des recherches récentes ont démontré que les félins se contaminent facilement entre eux. Le SARS-CoV-2 est ainsi en mesure de passer d’un chat infecté à un autre sain. De plus, ces animaux présentent rarement les signes caractéristiques de la maladie, rendant la situation plus qu’inquiétante.

Une menace potentielle pour la santé publique

sDes chercheurs américains et japonais ont mené une étude sur la transmission du SARS-CoV-2 chez les chats. Ils ont constaté que les sujets observés ont été asymptomatiques tout au long de l’expérience. En effet, ils ne présentaient ni fièvre, ni conjonctivite, ni perte pondérale. Néanmoins, tous les animaux ont produit des anticorps, plus précisément des immunoglobulines G.


Durant ces travaux, les scientifiques ont été marqués par la vitesse à laquelle les sujets sains ont été contaminés. Ce phénomène permet d’évaluer la rapidité de la circulation du virus parmi la population féline, et éventuellement chez l’humain. D’asilleurs, comme les auteurs de l’étude :

Il est nécessaire sur le plan de la santé publique d’étudier plus avant la chaîne de transmission potentielle homme-chat-homme.

Les chats doivent être suivis de près, car ils établissent généralement des contacts rapprochés avec leurs maîtres.

En raison de leur sensibilité, ils sont particulièrement exposés à la contamination par leurs propriétaires. Reste à savoir si les autres membres de la famille risquent d’être infectés par leur chat.

Le fait qu’un animal ne présente quasiment aucun symptôme est propice aux contaminations accidentelles. Un vétérinaire new-yorkais a notamment été contaminé par le H7N2 (virus la grippe aviaire) en 2016 en travaillant dans un refuge de la ville dédié aux félins.

Pour les spécialistes, l’absence de symptôme chez les chats se révèle particulièrement préoccupante dans un contexte de pandémie. En effet, les propriétaires n’ont aucun moyen de savoir si leur animal est infecté ou non. Ces félins domestiques peuvent donc devenir des hôtes intermédiaires silencieux du coronavirus.

Pour l’instant, cette menace concerne uniquement les autres chats, selon les informations dont dispose la communauté scientifique. Toutefois, en cas de transmission chat-homme, ce vecteur peut jouer un rôle déterminant dans l’apparition d’une seconde vague épidémique. La chaîne de transmission risque en effet de reprendre à ce niveau.

Une transmission facile du virus entre chats

Eu égard à la multiplication des cas dans le monde, des scientifiques de l’Institut national japonais des maladies infectieuses et de l’École de vétérinaire de l’université du Wisconsin se sont focalisés sur le rôle des félins dans la chaîne de transmission du coronavirus. Les résultats de leurs travaux ont récemment été publiés dans The New England Journal of Medicine.


Dans le cadre de cette étude, l’équipe américano-nipponne a inoculé le SARS-CoV-2 à trois chats de 15 à 18 semaines. Ils ont été contaminés de trois manières différentes, à savoir par voie trachéale, nasale ainsi qu’orale et oculaire. Les chercheurs ont ensuite observé la transmission du virus de ces trois sujets infectés à trois autres sains.

Les trois félidés non contaminés ont été mis en cage, un par un, avec un membre du premier groupe. Pour le dépistage, les scientifiques ont effectué chaque jour des prélèvements de cellules nasales et rectales. Ces échantillons ont ensuite été mis en incubation avec d’autres cellules.

Le SARS-CoV-2 a été détecté dès le lendemain du début de l’expérience pour les cultures cellulaires incubées avec les échantillons issus de deux animaux inoculés. 48 heures plus tard, il était possible d’identifier le virus dans les cellules cultivées avec des prélèvements nasaux des trois sujets inoculés.

Les scientifiques ont ensuite recherché l’agent pathogène dans les échantillons nasaux des chats non contaminés appariés avec les animaux infectés. Trois jours après le contact, le virus a été découvert dans les prélèvements du premier sujet sain. L’infection est survenue au cinquième jour pour le second et au sixième jour pour le troisième.

Pour ces trois nouveaux contaminés, l’excrétion du virus s’est limitée au conduit nasal et a duré environ cinq jours. En revanche, le pathogène n’a pas été détecté dans les échantillons rectaux.