L’année dernière a été particulièrement mouvementée pour la RISAVR (Régie intermunicipale des Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu). En effet, la population a fortement sollicité ses services depuis le début de l’épidémie de Covid-19. L’organisme se charge notamment de recueillir et de faire adopter les animaux domestiques au Québec. Toutefois, les craintes se multiplient concernant les nombreux abandons à venir.

Les services animaliers québécois ont été agréablement surpris par l'engouement pour l'adoption depuis mars dernier. Les abandons d'animaux ont par ailleurs baissé significativement sur l'ensemble du territoire. Ce phénomène fait ainsi partie des conséquences inattendues de la crise sanitaire, selon les observateurs. Cependant, les défenseurs des animaux redoutent l'inversion de la tendance après la pandémie.

Pour l'heure, les organismes concernés se réjouissent du bilan positif de l'année dernière. Ils ont en effet réussi à offrir un foyer à plusieurs centaines de chiens et chats. Ces derniers risquent à terme d'être de nouveau abandonnés. Néanmoins, les acteurs du secteur s'efforcent d'alerter l'opinion sur ce problème avant la fin de la crise.


Des effets notables sur le stress

En général, les souscripteurs d'assurance animaux sont conscients des bienfaits de leurs compagnons sur le stress au quotidien. Ces derniers ont donc besoin d'une couverture adaptée pour garantir leur santé et leur longévité. En revanche, les voisins semblent ressentir l'effet inverse face aux animaux domestiques, surtout les chiens. Comme l'a remarqué la directrice générale de la RISAVR, Suzie Prince :

En fait, avec le nombre de plaintes, nous avons été en mesure de constater à quel moment le stress de la population était plus intense. […] Nous en avons eu énormément l'an dernier en mars/avril. Puis, ça a diminué durant la période estivale pour remonter pendant le second confinement.

Effectivement, les aboiements peuvent provoquer des stress insoutenables dans un contexte tendu. La réaction du voisinage permet donc de mesurer le stress, voire la détresse des habitants d'un quartier donné. Ce principe peut d'ailleurs être étendu à la population en général, selon la responsable des services animaliers. Ainsi, les animaux influent concrètement sur le stress, de manière positive et négative.

Un avenir préoccupant

Avec la pandémie, les Québécois ont adopté massivement des chiens et des chats auprès de la RISAVR. Certains profiteurs sont même parvenus à toucher des milliers de dollars pour un chiot, sans soins de base. De ce fait, les nouveaux propriétaires ont encore dû prendre en charge l'acte de stérilisation.

La situation risque toutefois de changer radicalement au lendemain de la crise sanitaire. La période post-Covid sera principalement caractérisée par le retour au rythme de vie habituel de la population. Selon Suzie Prince de la RISAVR :

Quand on a besoin de compagnie, un animal diminue le stress. Nous en avons eu la meilleure illustration cette année. Mais lorsque viendra le temps de reprendre le travail et une vie plus normale, il ne faudrait pas que l'animal paie le prix pour l'être humain qui va un peu mieux.

De nombreuses entités partagent actuellement cette crainte de la directrice de la RISAVR. De plus, les besoins individuels ne devraient pas dicter l'avenir de ces espèces, selon les défenseurs des animaux.