Les refuges pour animaux sont fermés au public depuis le début du confinement. De ce fait, ils ne peuvent plus faire adopter et risquent la saturation. Pourtant, les fourrières continuent de leur envoyer de nouveaux résidents. Le président de la SPA, Jacques-Charles Fombonne, a ainsi demandé aux autorités de rajouter l’adoption d’animaux aux motifs dérogatoires de sortie.

À cause du confinement, les candidats à l'adoption n'ont plus la possibilité de se rendre dans les centres dédiés aux animaux abandonnés. Si ce problème peut se répercuter sur l'activité des professionnels de l'assurance animaux, il affecte aussi la capacité d'accueil des refuges.

En effet, les chiens et chats provenant des fourrières continuent d'affluer. Pourtant, les établissements affiliés à la SPA risquent bientôt de manquer de place.

En cas de saturation, les équipes des fourrières ne pourront plus confier de nouveaux animaux aux refuges et seront contraintes de procéder à des euthanasies. La SPA a interpellé l'exécutif pour éviter la survenance de cette situation dramatique pour les défenseurs de la cause animale.

Les solutions proposées par la SPA

La SPA a mis en place un système permettant aux Français de choisir un animal en ligne durant le confinement. Les candidats à l'adoption pourront ensuite prendre rendez-vous auprès du refuge contacté qui s'organisera de manière à accueillir une personne à la fois.


Par ailleurs, les équipes des centres d'accueil éviteront tout contact avec les visiteurs en leur présentant puis en leur donnant l'animal. La situation de chaque adoptant pourra être régularisée, une fois le confinement levé.

Malgré ces nombreuses précautions, la SPA a eu de grandes difficultés à convaincre les autorités de laisser la population se déplacer dans les refuges pour adopter un animal. Même s'ils sont conscients de l'ampleur du problème soulevé par l'organisme, les préfets hésitent à accorder de telles autorisations.

La SPA a finalement obtenu gain de cause au bout de plusieurs semaines d'échange avec l'administration. À compter du 16 avril 2020, les sorties sont tolérées pour toute personne souhaitant adopter des animaux dans les refuges. Elles seront couvertes par le motif « déplacements pour motif familial impérieux » inscrit sur l'attestation dérogatoire.

De nombreux animaux menacés d'euthanasie

La SPA recueille environ 3 500 animaux par mois sur tout le territoire français. Il s'agit généralement de chiens et de chats abandonnés, puis ramassés par les fourrières. D'habitude, les refuges gardent ces animaux provisoirement avant de leur trouver une nouvelle famille. Toutefois, avec le confinement, les places sont rapidement devenues rares, car les intéressés ne peuvent pas se déplacer pour adopter.


Comme le souligne Jacques-Charles Fombonne, sur Franceinfo :

On va être à saturation alors que j'ai des centaines de demandes d'adoption sur Internet et des milliers d'animaux à proposer à l'adoption.

Au début, les autorités ont permis à la SPA d'augmenter la capacité d'accueil de ses refuges à 120 % pour pouvoir recevoir plus d'animaux durant la crise sanitaire. Toutefois, cette mesure ne permettait pas d'éviter les euthanasies. L'organisme a ainsi lancé un appel à l'aide dans les médias depuis début avril pour empêcher cette situation.

En présentant ses requêtes auprès de l'exécutif, le président de la SPA s'est engagé à mettre en place une procédure sécurisée pour limiter les risques de contamination entre les adoptants et les équipes de ses 52 refuges.